Image

Québec, vibrante et belle

Nous avons déjà écrit entre nos pages à propos de Québec, ville de littérature UNESCO, une désignation reçue en 2017 et qui rayonne dans le monde. La Maison de la littérature, la Bibliothèque de Québec, L’Institut canadien de Québec, les librairies indépendantes, les maisons d’édition… beaucoup ont été traités et d’autres n’ont pas été nommés et méritent pourtant de l’être. Mais impossible d’aspirer à l’exhaustivité, si bien que nous avons dû nous résoudre à l’aperçu. Un abrégé qui évoque l’étendue de ce qui se trame et s’exprime dans cette ville où littérature rime avec aventure.

Rendez-vous d’histoire de Québec (RVHQC)
Ils sont plusieurs adeptes à lorgner le temps jadis pour éclairer le présent et prendre la mesure de l’évolution. S’inspirant des Rendez-vous de l’histoire de Blois en France, une entreprise similaire a vu le jour ici en 2017. Fruit d’un petit groupe de passionnés, les RVHQC sont maintenant installés au cœur du Salon international du livre de Québec, bénéficiant de l’engouement des visiteurs et des visiteuses pour leur parler histoire. Que ce soit pour raconter les Filles du Roy en BD, prendre une bière à la santé de Jean Talon, commémorer les luttes de la collectivité LGBTQ+ ou surligner joyeusement l’héritage d’un Plume Latraverse, ils sillonnent le passé en étant accompagnés d’une bibliographie étoffée et significative, s’employant à ne pas oublier un passé qui en a long à dire.

Salon international du livre de Québec (SILQ)
Événement d’envergure, le SILQ bat son plein chaque mois d’avril à l’amorce du printemps. Grande fête du livre se tenant au Palais des congrès, elle rassemble tout le milieu qui bénéficie de la venue des lecteurs et lectrices venant témoigner en grand nombre de leur amour des mots de toutes sortes. C’est aussi le moment de remettre des récompenses importantes : le Prix littéraire de la Ville de Québec, le Prix des collégiens et des collégiennes et le Prix jeunesse des univers parallèles. Toujours dynamique et très couru, ce salon foisonne d’échanges, de soirées festives et d’entretiens singuliers. Célébrant la littérature québécoise, il est en outre l’hôte d’auteurs et d’autrices internationaux, recevant ainsi une visite rare pour sympathiser avec son lectorat. Mené de main d’experte par Mélanie Pelletier, sa directrice générale, et son équipe, il demeure un rendez-vous incontournable de la capitale nationale.

Festival Québec en toutes lettres
Fort de l’accomplissement de seize éditions, le festival Québec en toutes lettres favorise la démocratisation de la littérature par des manifestations variées qui se déploient un peu partout dans la ville. Il se vit autant dans les salles que sur la place publique, présentant des manières pittoresques de s’emparer de la frénésie qu’il alimente. Ces dernières années, s’inspirant d’une phrase d’une autrice ou d’un auteur pour soutenir un thème porteur, il génère tables rondes, discussions, cabarets et initiatives heureuses, le tout assuré par Julie Veillet, responsable de la programmation. À titre d’exemple, l’an passé aura marqué les annales avec la livraison de poésie jeunesse par les bons soins de l’homme-pizza, la drôle de « bicyclamousse » de La grande brassée, l’ingénieuse machine distributrice de Bonbons à lire et le babillard bienveillant du Lave-tracas express.

Rhizome
Faisant la preuve que la littérature peut se décliner de diverses façons, les Productions Rhizome enrichissent la ville de Québec depuis l’année 2000 grâce à ses propositions originales et audacieuses. Elles font le pari — réussi — de placer le livre en dehors de l’objet, lui faisant adopter de multiples aspects, allant de l’installation au spectacle en passant par la performance et la projection vidéo. Permettant souvent à des artistes de participer à des résidences locales, elles leur donnent également la chance de voyager à l’étranger, établissant souvent des collaborations inusitées. Dirigées avec brio par Simon Dumas, elles ne craignent ni le risque ni les sentiers peu fréquentés. Avec Rhizome, les œuvres endossent des contours d’exception, exploitant l’art littéraire là où on ne l’attend pas.

imageMagazine Nuit blanche
Fondé en 1982, le magazine Nuit blanche s’est récemment relevé du péril et persiste et signe des papiers de qualité dans une mouture visuelle soigneusement renouvelée. Le périodique maintenant chapeauté par Emmanuelle Lescouet, sa directrice et éditrice, apparaît plus vivant et pertinent que jamais. Doté de solides contributrices et contributeurs littéraires, il publie articles étayés, entrevues, essais, textes de création et critiques rigoureuses sous un même couvert. Sorti en février dernier, le plus récent numéro contient un fil conducteur intitulé « Espoir(s) », affichant une cohérence entre le retour en force du trimestriel et l’état morose de l’actualité, formulant le même vœu d’un devenir prometteur. On peut aussi lire des commentaires de lecture exclusifs sur son site Web.

Québec BD, son festival et sa maison
Fier de ses trente-neuf ans au sein de la communauté, le Festival Québec BD, le plus ancien du genre au Canada, essaime ses activités un peu partout dans la cité, dont à l’intérieur des murs du SILQ et à travers le réseau de la Bibliothèque de Québec. Zone manga, animations jeunesse, karaoké dessiné, cases improvisées, quiz et invités d’ici et d’ailleurs, l’organisation, orchestrée par Thomas-Louis Côté, directeur général, ne manque pas de panache. Au-delà de son festival, elle poursuit un travail de médiation avec toujours comme but avoué de faire connaître les différentes offres de la bande dessinée. En 2025, l’ouverture de la Maison de la BD, une première au pays, vient parachever la vitalité du 9e art dans la ville. Située au Centre d’interprétation historique de Sainte-Foy, elle accueille des expositions, une BDthèque, des espaces de lecture, des ateliers et des rencontres.

Émissions littéraires : Épilogue et Julie lit au lit
Deux points de ralliement littéraires figurent à l’horaire de CKIA, une radio communautaire de Québec bien vivante, née il y a plus de quarante ans. Épilogue, animée par Valérie Gaudreau, chroniqueuse politique au journal Le Soleil, suggère des critiques aiguisées, des entrevues en profondeur et met l’accent sur les récentes nouveautés. Quant à Julie lit au lit, avec au micro Julie Collin, responsable des événements et des communications à la Librairie La Liberté, elle brosse un portrait substantiel de tout ce qui se passe dans le domaine du livre. Depuis 2023, à l’occasion de la journée « Le 12 août, j’achète un livre québécois! », l’émission est diffusée douze heures en continu. Respectivement mises en ondes le dimanche de 12h à 13h et le vendredi de 16h à 18h, elles bonifient grandement la ville et contribuent à en faire un endroit où il fait bon lire.

Kwahiatonhk! et le Salon du livre des Premières Nations
Le Salon du livre des Premières Nations (SLPN) a vu le jour en 2011 et a été mis en œuvre par la Librairie Hannenorak à Wendake et son copropriétaire Daniel Sioui afin de nourrir l’essor et la visibilité de la littérature autochtone. Le mois de novembre profite alors de quelques jours moins gris avec la tenue du SLPN : conférences, déjeuners-poésie, séances de dédicace d’écrivains et d’écrivaines, kiosques de maisons d’édition, colloques, club de lecture, contes, lancements, classes de maître réunissent un public curieux et intéressé. À partir de 2015, le Salon est propulsé par Kwahiatonhk!, signifiant « Nous écrivons! » en langue wendat, un organisme qui concocte des activités parallèles tout au long de l’année, notamment une série de balados et un bingo littéraire qui galvanise les foules.

Festival international de poésie de Québec (FIP)
Tout juste arrivé dans le paysage culturel de Québec, le FIP a pour mission prioritaire d’« oppose[r] l’abondance poétique à l’austérité, pour célébrer la pluralité des langues, des cultures, des voix, des formes ». Instauré par Natalie Fontalvo et Marie Blay et produit par Spoken word, il prend son premier envol en mars 2026 et déplie son programme à la Maison de la littérature et à la Charpente des fauves, lieux chaleureux et propices à l’éclosion d’une parole libre et indépendante. Des poètes du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Slovénie, de la Suisse, de la Belgique, de France, de Palestine, de Catalogne, du Pays basque, du Wallmapu et des Asturies ont pris part avec force et conviction à cet enthousiasmant coup d’envoi.

Une ville, un livre
À l’instar d’une idée similaire implantée à Seattle en 1998, la Ville de Québec emboîte le pas et met en branle en 2019 le mouvement Une ville, un livre. Pouvant être décrit comme un immense club de lecture où tous les gens de la capitale sont amenés à se plonger dans le même ouvrage, il établit d’abord une courte liste d’œuvres d’auteurs et d’autrices de la grande région de Québec qui constituent les finalistes. Un comité de quelques citoyens et citoyennes choisis au hasard parmi les candidatures récoltées compose le jury officiel qui aura la tâche de désigner le livre gagnant. À la suite du couronnement, on convie chaque personne à se procurer dans le prochain mois le titre primé et à se mettre à sa lecture. Mettant à l’honneur tantôt le livre jeunesse, tantôt le livre adulte, le projet réunit vraiment tout le monde.

Dans cet article

Nuit blanche

No books found for your query.

Nuit blanche

No books found for your query.

Épilogue

No books found for your query.

Julie lit au lit

No books found for your query.

Épilogue

No books found for your query.

Le Soleil

No books found for your query.

Julie lit au lit

No books found for your query.

Du même sujet

No books found for your query.

Palmarès des livres au Québec