Source : Le Devoir
En 2017, une importante manifestation a été organisée aux portes d’un institut de recherche brésilien dans lequel la philosophe Judith Butler tenait une conférence sur la démocratie. Les protestataires, convaincus que la chercheuse allait offrir un séminaire sur les théories du genre qui ont fait sa renommée, l’ont traitée de sorcière et d’envoyée du diable, avant de mettre le feu à une poupée à son effigie.
La célèbre universitaire a l’habitude de la controverse. Or, depuis quelques années, elle ne peut se déplacer dans plusieurs régions du monde sans un imposant dispositif de sécurité. « Je constatais, sans pouvoir la comprendre, que la colère grandissait, tant en Europe de l’Est qu’en Amérique du Sud, tant en Russie qu’en Afrique centrale, indique-t-elle, jointe à Paris par Le Devoir en visioconférence. De plus en plus, le genre était associé à une menace contre la société, la famille, même l’idée de l’homme et de la femme. J’ai entamé des discussions auprès de mes collègues qui avaient rencontré de l’opposition de la part de mouvements antigenre, et j’ai commencé à pouvoir mieux expliquer le caractère mondial du mouvement, ses connexions et ses variations d’un endroit à l’autre. »
Une dérive autoritaire
De ses recherches est né l’essai Qui a peur du genre ?, une première incursion de Judith Butler dans une littérature circulant hors des couloirs universitaires, dans lequel elle traque les différentes manifestations de l’idéologie antigenre à travers les continents. De la droite populiste aux Églises évangéliques, en passant par les féministes transphobes et les régimes autoritaires, elle décortique
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