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La Bibliothèque publique juive de Montréal revient sur sa décision controversée de retirer les livres de l’autrice et illustratrice Elise Gravel de ses étagères. Un volte face salué par Elise Gravel, qui dit néanmoins comprendre le contexte entourant la décision initiale.
Publié à 14h25
Mis à jour à 16h58
Dans un communiqué publié jeudi, la Bibliothèque publique juive de Montréal (BPJ) affirme avoir « accueilli avec ouverture l’ensemble des opinions et des commentaires qui lui ont été adressés récemment par ses membres, ses partenaires et le grand public ». Elle dit aussi « adhérer, soutenir et défendre la Charte canadienne des droits et libertés » et reconnaître « le droit fondamental d’accéder à un large éventail de connaissances, de créativité, d’idées et d’opinions ».
« La BPJ, comme toute bibliothèque, déclare que l’existence d’un point de vue particulier est une expression de la politique de liberté individuelle et non une approbation de ce point de vue, peut-on lire dans le communiqué. En conséquence, l’ensemble des collections détenues par la BPJ demeure accessible. »
Le nom d’Elise Gravel n’est mentionné nulle part dans le communiqué, mais à La Presse, une employée a confirmé que les livres de la populaire autrice et illustratrice « ont été remis à leur place, dans le coin des enfants, sur les étagères ouvertes ». Auparavant, les clients de la bibliothèque pouvaient encore avoir accès aux livres d’Elise Gravel, mais uniquement au comptoir, en demandant au bibliothécaire.
La décision de la Bibliothèque publique juive de Montréal de mettre à l’index les livres d’Elise Gravel, qui manifeste son soutien au peuple palestinien sur ses réseaux sociaux, a provoqué des remous la semaine dernière. La polémique s’est rendue jusqu’à l’Assemblée nationale, où une motion a été adoptée à l’unanimité pour soutenir Elise Gravel ainsi qu’une autre autrice québécoise, Myriam Daguzan Bernier. Le livre de cette dernière, Tout nu !, a été brûlé au lance-flammes par une candidate républicaine au poste de secrétaire d’État au Missouri.
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Myriam Daguzan Bernier

Par courriel, Elise Gravel s’est dite « heureuse et soulagée » de savoir ses livres de retour sur les étagères de la bibliothèque, et heureuse aussi que les enfants qui la visitent n’aient pas à « payer le prix de cette division ». Du même souffle, elle assure n’éprouver aucun ressentiment envers la bibliothèque, son personnel et sa direction. « Je comprends le contexte qui les a amenés à prendre leur décision initiale », écrit Elise Gavel, qui rappelle qu’elle se « positionne fermement contre toute forme de discrimination et de racisme, et bien sûr contre l’antisémitisme ». « Je critique les gouvernements, pas les populations », ajoute-t-elle.
Dimanche, près d’une centaine de personnes avaient manifesté leur appui à Elise Gravel devant la Bibliothèque publique juive de Montréal, dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à l’initiative de l’organisme Voix Juives Indépendantes.





