Source : Le Devoir
« Le bonheur de ma vie me vient peut-être pour une bonne part d’être née rue Deschambault », écrivait Gabrielle Roy dans Ma petite rue qui m’a menée autour du monde. Cet « avant-texte », qualifié ainsi par le regretté François Ricard, dévoué gardien de son oeuvre, constituait une ébauche d’un de ses plus grands livres, La détresse et l’enchantement, autobiographie publiée en 1984, soit un an après la mort de la célèbre écrivaine.
Peu importe son niveau de connaissance de l’univers de celle qui fut derrière Bonheur d’occasion, le visiteur est happé par l’émotion en ouvrant la porte de la maison de la famille Roy, construite en 1905, l’une des rares de ce secteur de Saint-Boniface à l’époque, inspirée des résidences québécoises de la fin du XIXe siècle. La galerie qui la ceinture invite à la flânerie et au bavardage, tandis que les livres de la fille cadette de Léon et Mélina Roy prennent une autre dimension lorsque l’on franchit la porte menant à la cuisine. C’est là que Gabrielle Roy fut à la fois témoin et protagoniste d’une vie familiale et communautaire marquée par la marginalisation des francophones au Manitoba, la misère économique provoquée par les revers de fortune et une crise mondiale. Malgré tout, elle cultivait un appétit vorace pour les livres et la culture.
Bien que la maison Gabrielle-Roy ne soit accessible au grand public qu’entre les mois de mai à août, ainsi qu’aux groupes qui en font la demande le reste de l’année, Sébastien Gaillard, directeur général de l’organisme, a bien
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