Tout lire sur: Les univers du livre Actualitté
Source du texte: Lecture

Au sein de ce monde, seules les Chuchoteuses peuvent communiquer et réellement comprendre les Ombres, sans jamais risquer leur vie. Ces femmes – car il ne s’agit jamais d’hommes, dans ce cas précis – ont un pouvoir, inexpliqué, qui les protège. Malheureusement, depuis des générations, elles ont disparu. La dernière en date s’apprêtait à signer un traité de paix avant de succomber dans d’étranges circonstances…
Assistante sans prétention, maigrichonne et palotte, Adèle se retrouve embarquée dans une mission à l’extérieur des Bulles. L’occasion de tenter de rencontrer les Ombres et de peut-être enfin calmer leur courroux…
« Les Ombres avançaient. La clairière semblait rétrécir. Une nouvelle sensation d’oppression m’envahit. Ma respiration s’altéra. La transpiration monta jusqu’à ma nuque, atteignit mon front. Je ne savais plus comment je tenais debout. Je ne savais plus ce que je faisais là. La seule chose que je savais, c’était que ma présence ici était une terrible erreur. »
C’est à cet instant que l’impossible a lieu : une Ombre, visiblement plus jeune que les autres, se rapproche d’Adèle. Sans réfléchir, guidée par une sensation étrange, la jeune femme tend la main… et s’évanouit. Lorsqu’elle se réveille, elle se trouve dans une chambre d’hôpital, avec l’impression que tout a changé. Pire : Ben, archiviste hautain, lui annonce qu’elle est Chuchoteuse.
« Je connaissais le pouvoir des Chuchoteuses et leur rôle. Personne ne l’ignorait, à la Bulle. Notre guerre avec les Ombres durait depuis si longtemps. J’avais vu plus souvent qu’à mon tour les convois d’Officiels se préparer à les combattre. Revenir à moitié décimés. Parfois infiltrés. »
Ce premier tome pose les bases d’une trilogie qui s’annonce enthousiasmante. Josépha Juillet nous propose ici un univers mystérieux, structuré avec soin, où les Ombres ont une histoire et des besoins, des envies, un instinct de survie. face à leur monde de noirceur, celui baigné de lumière des humains. Pas un recoin sombre, pour ne laisser aucune chance au danger de se glisser dans les interstices…
Le schéma narratif est relativement classique : une héroïne qui n’était pas prête à endosser un rôle aussi important, se voit choisie pour des raisons obscures. Elle se montre pourtant naturellement douée – sauf en ce qui concerne le combat, du moins au départ – et sait être farouche ou diplomate, en fonction. Au-delà de son histoire, celle du royaume, complexe, mêle jeux de pouvoir et un contrôle de l’information propre à ses sociétés idylliques de prime abord.
Pour autant, le récit de Terre des ombres réussit à proposer une réelle originalité. D’abord, bien entendu, de par l’univers : riche, cohérent, magique. Ici, tout est lumière, avec des détecteurs UV, des éclairages artificiels omniprésents, garantis de fonctionner grâce au travail exceptionnel des électriciens. Pour dormir, des somnifères qui assomment et permettent d’ignorer les limites du cycle circadien. Les étoiles ? Si elles existent, personne ne peut les voir depuis les Bulles.
Ensuite, grâce à des personnages principaux multidimensionnels, qui ne tombent pas dans un cliché facile et déjà trop vu. Adèle, en protagoniste, est étonnante et pleine de ressources. Et les personnes qui gravitent autour d’elle – comme Morgan, Ben ou d’autres encore – deviennent attachantes au fil de la lecture. L’intrigue, se dénouant lentement, pique la curiosité… Au point de se demander à quoi la suite pourrait bien ressembler !
Par Valentine Costantini
Contact :






