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Trois raisons de lire… Pome et Dina : Quatre saisons d’amitié

 

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Trois raisons de lire… Pome et Dina : Quatre saisons d’amitié

Une grande amitié

Les livres jeunesse qui exploitent le thème de l’amitié ne manquent pas, et pour cause, car ce sentiment se situe au cœur de l’enfance. Cependant, l’album Pome et Dina : Quatre saisons d’amitié (Les 400 coups), avec Caroline Barber à l’écriture et Marianne Pasquet aux illustrations, retient particulièrement l’attention tant il possède de qualités. Chaque page est un ravissement, chaque histoire, une façon de s’émouvoir de ce duo improbable composé d’une biche et d’une ourse qui, aux confins de la forêt, font connaissance pour rapidement se vouer une indéfectible affection.

1. La poésie en toile de fond
À travers douze brefs récits au terme desquels se sera déroulée une année entière, Pome la biche et Dina l’ourse se lieront d’amitié. Ainsi, d’un printemps au suivant, les deux copines partageront joies et moments de plénitude, vivront également des jours de discorde et de malentendus. Un scénario somme toute répandu, mais ce qui distingue cette œuvre réside dans la manière. Des phrases courtes et claires émanent une profonde douceur et la beauté de l’ordinaire des jours. Des premiers pas à la réciprocité complice et, entre les deux, la découverte et l’apprivoisement, se tisse une relation marquée par le partage, que ce soient des biscuits, de la danse ou des secrets. Allongée sur le dos dans l’herbe verte à côté de sa camarade, « Dina a l’impression que les minutes s’allongent en même temps qu’elles raccourcissent. Elle aimerait rester dans ce temps qui n’existe pas ». Dans la vérité des instants suspendus, comme dans ceux des rires et des jeux, les amies s’accompagnent et prennent beaucoup de plaisir à simplement être ensemble.

2. Les personnages parfaitement imparfaits
Qu’il s’agisse de Dina ou de Pome, chacune détient ses bons côtés et aussi ses travers. Elles ont leur caractère propre, n’existent heureusement pas dans une caricature. Par exemple, la biche a des bois; ce n’est pas commun, mais c’est comme ça. Des ressemblances unissent les inséparables compagnes, mais en général l’une et l’autre ont des habitudes et des traits bien distincts. L’ourse aime se baigner « à poil », la biche préfère enfiler un maillot. Parfois, elles s’invitent dans leur univers, qui montrant son arbre à souhaits, qui dévoilant sa clairière cachée. Pome aidera Dina à confectionner un lit confortable pour l’hiver parce que l’ourse doit dormir pendant la froideur. L’autrice n’essaie pas de combler ce qui les différencie, non plus qu’elle tente d’appuyer ses actions afin de leur faire porter un message. Les situations parlent d’elles-mêmes et le doux attachement que les amies se témoignent les amène naturellement au respect.

3. La sublime facture graphique
Les superbes images font sourire autant qu’elles touchent à la fibre sensible, enrichissent l’œuvre notamment grâce aux couleurs, franches et contrastées, qui donnent vie à l’ensemble. Le mouvement des dessins donne corps aux jeunes héroïnes et exalte les éléments de la nature dans laquelle elles évoluent. Aucun détail ne semble avoir été épargné, sans pourtant surcharger les pages. On se plaît à les parcourir en dénichant çà et là de nouvelles composantes du décor restées inaperçues au premier coup d’œil. Les dessins évoquent la teneur des mots tout en créant leur propre langage. Dès la page couverture, rigide et agrémentée de reliefs, la table est mise; le regard doux et souriant entre les deux animaux et la biche conviant l’ourse, en lui prenant la main, à avancer avec elle, indiquent qu’un lien peu banal les concerne. On perçoit les émotions des protagonistes tout au long des aventures, tantôt la joie, tantôt la colère ou la déception. Se dégage des illustrations une imagination foisonnante laissant place à l’allégresse et à l’émerveillement.

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