Source : Le Devoir
Pascal Bruckner décortique la mentalité du renoncement, qui dicte notre rapport au monde et aux autres.
En mars 2020, lorsque presque l’entièreté du globe s’est retrouvée confinée dans l’objectif de limiter les dégâts causés par la COVID-19, le romancier et philosophe Pascal Bruckner a d’abord été horrifié. Pas du genre à tourner en rond, il a vite attrapé son exemplaire d’Oblomov, un grand classique de la littérature russe qu’il se promettait de lire depuis toujours, sans jamais trouver le temps. Le contexte, cette fois, pouvait difficilement être plus idéal.
En effet, le roman d’Ivan Gontcharov raconte l’histoire d’un propriétaire terrien souffrant d’aboulie et d’apathie, qui, à force de passer ses jours à s’incruster dans son meuble favori, finit par ne faire qu’un avec son divan. « Le livre m’a paru présenter beaucoup de similitudes avec la situation du monde, soulève le romancier et philosophe, joint à Paris par Le Devoir. J’ai donc commencé à travailler sur un projet de livre dont le héros serait un homme couché, en pantoufles et robe de chambre, comme un écho de tous ces gens qui ne prenaient plus la peine de s’habiller et travaillaient en caleçon. »
De cette réflexion a résulté Le sacre des pantoufles. Du renoncement au monde, un essai qui tente de saisir les racines philosophiques et les contours historiques de l’effacement progressif de la vie publique, des mentalités du renoncement et du repli sur soi qui nous isoleraient les uns des autres et nous enfermeraient dans un cocon douillet et connecté,
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