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«Trous»: se sortir du trou avec Catherine Lalonde

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« Excuse mon langage, mais je l’ai appris du trou de ta bouche », écrivait Louky Bersianik dans L’Euguélionne, premier roman féministe québécois. Un passage qu’a cité Catherine Lalonde en exergue de son tout nouveau recueil de poésie, Trous, et qu’elle aurait pu reprendre au moment où elle nous ouvrait la porte de chez elle pour discuter de son nouveau projet.

Mais on ne s’excuserait de rien, d’autant que l’air sucré témoignait de petites madeleines toutes chaudes qui nous attendaient. L’audace poétique de Catherine Lalonde allait nous emporter, mais on n’arriverait à rien sans mémoire. Et puis, on ne s’invite pas dans la fête de Trous sans se rappeler à la matérialité du corps, à ce qui en sort et à ce qui y entre. « J’ai trous. /// J’ai trou dans tête. /// J’ai trou dans tête / c’est bouche », écrit-elle d’emblée.

Ce mouvement itératif, qui met en marche une langue près de l’oralité, donne le ton au recueil. Construit pas à pas, modulant ses notes avec délicatesse et, en d’autres occasions, abdiquant à une fulgurance enivrée, le recueil est d’abord né en studio : « C’est le premier livre que je commence de cette façon. J’ai bougé, en jammant sur mes thèmes principaux, et y a beaucoup de trucs qui sont ressortis de ça. Évidemment, quand on enlève le corps et qu’il ne reste que l’oralité, il manque quelque chose, mais il y avait là un départ. »

Un espace habitable

À l’instar de Corps étranger, qui lui avait valu le prix Émile-Nelligan en 2008, Trous a pris forme dans le fouillis de

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Titre: Trous

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