Source : Le Devoir
L’écran s’ouvre sur un mur vert sauge, fade, traversé à gauche par un rayon de lumière, qu’on devine émanant d’une fenêtre. Pendant de longues secondes qui s’étirent paresseusement, la caméra semble immobile. Puis, on discerne un mouvement, un recul progressif. Tranquillement, ce traveling arrière laisse voir un lit médicalisé, surmonté d’un triangle de potence, sur lequel un homme, allongé, se tire doucement du sommeil.
Cette scène, qui dure près de cinq minutes, donne le ton de Tu ne sauras jamais, cinquième long métrage du cinéaste et comédien Robin Aubert. Le film raconte le quotidien de Paul Vincent, un octogénaire isolé dans la chambre d’une résidence pour personnes âgées pendant la pandémie de COVID-19.
« Ce premier plan a été fait dans la perspective très rebelle d’embarquer à fond dans un film en continu, qui se concentre sur une seule journée dans la vie d’un vieillard confiné entre quatre murs, soutient le réalisateur. Inconsciemment, je pense que c’est une forme de courtoisie, une façon de dire aux spectateurs qu’ils ont la chance de partir maintenant s’ils ne sont pas prêts à vivre l’expérience. Je voulais créer une sorte de vortex avec cette scène, pour que ceux qui la dépassent acceptent de rester avec le protagoniste jusqu’à la fin. »
« On s’est demandé si on était capables de convaincre le public de regarder quelque chose qu’on préférerait tous oublier, parce que c’est trop récent, explique Julie Roy, qui coscénarise le film avec Robin Aubert, avec qui elle partage également sa vie. Finalement, on s’est
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