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Un livre illustré qui aborde l’itinérance avec les enfants de Saint-Roch

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L’Engrenage Saint-Roch fait paraître en librairie un livre qui a pour mission d’expliquer l’itinérance aux enfants. Dans la rue s’inspire des préoccupations des jeunes du quartier et tente de répondre à leurs questions. L’organisme espère que ce livre illustré, accompagné de conseils pour les parents et les enseignants, deviendra un outil d’éducation incontournable.

Rassemblés pour la lecture du récit, des élèves de l’école primaire des Berges partagent avec des intervenantes leur regard sur l’itinérance. Quand je vois quelqu’un dans la rue, ça me fait sentir que j’ai de la chance parce que, moi, j’ai une maison, j’ai des parents qui m’aiment, j’ai de la nourriture, explique Lou Warnke Lake, une des élèves à prendre la parole en classe.

Côtoyer l’itinérance est un rappel quotidien de la chance qu’elle a dans la vie. C’est des gens qui n’ont pas de maison. Alors, des fois, ils peuvent être seuls. Puis, des fois, ils ont des maladies mentales. Alors, ça peut être plus dur pour eux, ajoute-t-elle.

Pour moi, ça représente que c’est des humains, alors on n’a pas vraiment à avoir peur d’eux.

Une citation de Lou Warnke Lake, élève de l’école primaire des Berges
La couverture du livre « Dans la rue » présentant un dessin de deux jeunes jouant aux échecs devant l'église Saint-Roch.

Ce projet s’inspire des préoccupations des jeunes du quartier Saint-Roch et tente de répondre à leurs questions sur l’itinérance.

Photo : Radio-Canada

Moi, quand je les vois, je me demande aussi c’est quoi leur passé, c’est quoi qu’ils ont vécu, renchérit sa camarade de classe Léa Doublet. Puis je me dis que les prix ont augmenté, donc ils n’ont pas vraiment les moyens de s’acheter de la nourriture, des vêtements qui leur [font] ou neufs, dit-elle, consciente malgré son jeune âge du contexte économique auquel les adultes sont confrontés.

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Un sentiment de tristesse

Quand l’une des intervenantes questionne la classe sur le sentiment de crainte que peuvent ressentir les jeunes lorsqu’ils sont exposés à l’itinérance dans la rue, plusieurs acquiescent. Clara Jade Brisebois lève la main et l’admet : Des fois, ça me fait un peu peur d’interagir avec eux, soutient-elle.

Pour Xavier Doublet, assis derrière elle, c’est plutôt un sentiment de tristesse qui s’empare de lui à la vue de personnes en situation d’itinérance dans son quartier. Ça me fait sentir triste de les voir dans la rue, seuls.

Ce sont ces sentiments et cette perspective qui ont amené l’Engrenage Saint-Roch à écrire un livre pour les aider à comprendre la réalité de ceux et celles qui n’ont pas d’adresse. L’organisme souhaite que Dans la rue devienne un ouvrage de référence pour les parents et les enseignants qui voudraient aborder l’itinérance avec les plus jeunes.

Développer l’empathie

Selon la coordonnatrice du chantier de la cohabitation harmonieuse à l’Engrenage Saint-Roch, Isabelle Descoteaux, le projet est né d’un besoin qui venait du milieu de s’outiller collectivement pour mieux parler d’itinérance avec les enfants et d’un souhait de développer l’empathie des enfants autour de ces réalités-là.

Le livre, qui raconte l’histoire d’Oli, un jeune homme vivant dans la rue, met l’accent sur l’aspect humain de l’itinérance comme quoi les personnes qui vivent dans la rue, c’est des humains avant tout aussi, explique Mme Descoteaux.

Annie Mathieu, assise sur un bureau et tenant dans ses mains une copie du livre, est devant des élèves assis à leurs pupitres d'école.

Annie Mathieu, de l’Engrenage Saint-Roch, discute avec des élèves après leur lecture du livre.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

Qui plus est, les livres jeunesse actuellement disponibles sur ce thème peuvent paraître désuets, car la réalité a changé, argumente la responsable des communications de l’organisme, Annie Mathieu.

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Il y avait vraiment un besoin de s’ancrer dans les perceptions des enfants parce que les livres actuels qui existent sur l’itinérance, c’est beaucoup sur le vieux monsieur barbu du village, alors que la réalité aujourd’hui est vraiment tout autre.

Changer les perceptions

C’est pourquoi l’Engrenage Saint-Roch est allé à la rencontre d’élèves de l’école des Berges pour les consulter et aller voir c’est quoi leurs émotions.

Le récit a changé la perception de certains élèves comme Lou, qui ressort de sa lecture plus optimiste qu’elle ne l’était au départ. Je l’ai trouvé très beau, j’ai beaucoup aimé. Puis j’ai senti que le monde va bien parce qu’il n’y a pas que de la noirceur, lance-t-elle.

Mais leur sentiment d’impuissance demeure. Ça me rend fâché de pas pouvoir vraiment beaucoup les aider, réitère quant à lui Xavier.

L’organisme espère que le livre résonnera en dehors des frontières du quartier Saint-Roch et qu’il sera utile à d’autres intervenants ailleurs dans la province. C’est une production effectivement hyperlocale. Tout a été fait, pensé, conçu, dessiné dans Saint-Roch. Par contre, le sujet est universel, avance Annie Mathieu.

D’après les entrevues de Guylaine Bussière

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