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Un premier roman ambitieux dans les coulisses de la police italienne

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Voici Marco De Franchi qui nous dit avoir toujours rêvé d’être à la fois flic et écrivain. Et bien c’est chose faite : il a eu « la chance de travailler au SCO pendant près de six ans », le Servizio Centrale Operativo (SCO), l’équivalent italien du FBI, et La condamnation des vivants est son premier roman.

Si vous êtes amateurs de thrillers originaux et de peinture italienne, cette fois, ne passez pas à côté !

Oui, la peinture italienne, parce que Marco De Franchi a « reçu l’amour de l’art en héritage de [son] père, un professeur de lycée à l’ancienne ». La traduction de l’italien est signée par Françoise Bouillot.

La Toscane est célèbre pour ses paysages paisibles et sereins, mais le lecteur n’aura guère le loisir de les contempler : l’intrigue nous emmène directement sur plusieurs scènes de crime — des enlèvements d’enfants.

« C’est un sacré bordel. Un ravisseur d’enfants en série et un homicide. Le cauchemar de tout policier. »

Fabio Costa est le commissaire local, un ancien du SCO lui aussi, mais il est en disgrâce, quasiment en exil dans cette province, et traîne apparemment un sombre et inquiétant passé derrière lui, une « vilaine histoire qui avait éloigné le policier de Rome ».

Sur ces affaires, les autorités italiennes mobilisent leurs meilleurs éléments : juges, procureurs, commissaires et enquêteurs locaux, police scientifique, et donc ce fameux SCO, le FBI italien, « le service le plus prestigieux de la police », conduit par la commissaire Valentina Medici « qui est arrivée de Rome avec son assistant, Angelo Zucca ».

« À trente-deux ans, elle avait une carrière assurée, un brillant avenir dans la police et aucune charge de famille. »

Le groupe d’enquête est une véritable ruche, agitée d’égos, de jalousies et de vieilles rancœurs. Marco De Franchi, familier des arcanes de la police italienne, se plaît à nous immerger au sein de ces rivalités intestines.

D’autant que les choses vont encore se compliquer : « cette affaire était décidément plus complexe qu’un simple cas de pédocriminalité. Elle semblait en dissimuler une autre, plus vaste et plus obscure, et sans doute plus terrifiante ».

Le criminel sera vite surnommé « l’homme qui sourit » à cause d’une malformation du visage, puis bientôt « le collectionneur de visages ».

L’intrigue à double fond est plutôt originale et l’enquête réellement captivante. Ce thriller brillant ne laissera guère de répit au lecteur, qui pourra approfondir sa culture artistique concernant les tableaux du Caravage (le baroque réaliste du début du XVIIe siècle) : Les Musiciens, Judith et Holopherne, Sainte Catherine d’Alexandrie…

Les presque 600 pages défilent sans temps mort et l’auteur utilise habilement son duo de flics, la belle Valentina et le sombre Fabio, chacun avec sa propre personnalité et ses propres talents, ce qui autorise à mener plusieurs investigations en parallèle, en Toscane ou à Rome…

Les interrogatoires menés par Fabio Costa auprès de différents témoins sont de savoureuses perles d’intelligence humaine et si, théoriquement, c’est bien Valentina l’héroïne qui dirige l’enquête, c’est assurément Fabio qui cache la personnalité la plus captivante.

Mais tout cela va beaucoup trop vite et, page 312, à mi-parcours, tout est déjà bouclé ! Le Caravage était connu comme le maître du clair-obscur alors que se passe-t-il ? Que nous a caché Marco De Franchi ?

Pas mal de choses et « même un flic chevronné n’aurait jamais dû voir ce qu’il s’apprêtait à affronter ».

Si l’on veut des références, on pourrait situer cet Italien quelque part entre un Franck Thilliez (La faille, par exemple, pour faire un peu écho à la plastination dont il est question ici) et un Bernard Minier (Glacé, par exemple, pour les décors de montagne et la galerie des horreurs).

Par Bruno Ménétrier
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L'Actualité Culture la chance de travailler au SCO pendant près de six ans

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même un flic chevronné n’aurait jamais dû voir ce qu’il s’apprêtait à affronter

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La faille

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Glacé

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