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«Un silence» de trop

Source : Le Devoir

Certains silences résonnent plus fort que bien des cris. Astrid Schaar (Emmanuelle Devos), elle, se tait depuis trente ans. Et pourtant, personne ne semble l’entendre, alors que la quinquagénaire voit une vie faite de secrets s’effondrer sous ses yeux.

Inspiré de l’affaire Victor Hissel — dans laquelle un avocat phare de la lutte contre la pédocriminalité a lui-même été inculpé pour détention d’images à caractère pédopornographique, avant d’être gravement blessé lors d’une tentative de meurtre perpétrée par son propre fils —, Un silence évite habilement le sensationnalisme suggéré par la prémisse en se concentrant sur le point de vue de l’épouse de l’avocat, dont le regard de biais entraîne des conséquences inattendues.

Dès la première scène, où Astrid, interprétée par une Emmanuelle Devos en pleine maîtrise de ses moyens, se rend au volant de sa voiture au commissariat où son fils (Matthieu Galloux) a été arrêté, la tension et le désoeuvrement sont palpables. Joachim Lafosse braque sa caméra sur les yeux alarmés de son actrice — qu’il ne quittera plus, ou presque, jusqu’à la fin de son récit.

Dans la salle d’interrogatoire, une enquêtrice la presse. « Vous comprenez que nous venons d’arrêter votre fils pour tentative de meurtre. J’ai besoin de comprendre ce qui s’est passé pour l’aider. Il faut tout me dire. » Alors qu’elle rompt pour la première fois le silence, Astrid retourne en arrière pour dérouler une à une chacune des répercussions, des plus personnelles aux plus tragiques, de ce dernier.

Comme dans À perdre la raison (2012),

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Titre: Un silence

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