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C’est une page qui se tourne pour l’une des dernières librairies d’occasion d’Ottawa. Le Book Market fermera ses portes le 1er novembre.
Dianne Savoy vend des livres d’occasion depuis des décennies, mais tout a commencé dans une librairie neuve à Montréal. Un jour, un homme est entré dans la boutique pour vendre des livres qu’il ne voulait pas renvoyer en Angleterre.
Nous avons mis en vente une table remplie de livres de science-fiction d’occasion, et ils se sont vendus instantanément, bien avant les autres
, raconte-t-elle. Les livres neufs n’étaient tout simplement plus abordables pour le public.
Convaincue, Mme Savoy a ouvert le Book Market et la chaîne s’est rapidement développée pour compter 17 magasins. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux : l’un sur le chemin Merivale à Ottawa et l’autre à Kemptville, en Ontario.
À l’âge de 80 ans, Mme Savoy a décidé de vendre le magasin d’Ottawa. Il fermera officiellement ses portes le 1er novembre. Le magasin de Kemptville, quant à lui, restera ouvert.
Je suis partagée entre plusieurs sentiments, car j’ai beaucoup aimé cette expérience, mais je pense qu’il est temps [d’arrêter].
Une entreprise familiale
Mme Savoy est aujourd’hui l’aînée de trois générations de libraires dans sa famille. Sa petite-fille Lexi Savoy est le pilier
du magasin le Book Market de Kemptville, dit-elle.
C’est un sentiment doux-amer, car cela fait partie de notre vie depuis si longtemps
, raconte Lexi Savoy à propos de la fermeture imminente de la librairie d’Ottawa. Ma mère et moi ne pouvons pas vraiment imaginer notre vie sans une librairie dans la famille.
Dianne Savoy, à droite, avec sa petite-fille Lexi Savoy à la librairie The Book Market située sur le chemin Merivale à Ottawa.
Photo : Radio-Canada / Nathan Fung
Elle ajoute que l’un des aspects les plus gratifiants de l’entreprise familiale a été la chasse au trésor
pour les clients.
C’est vraiment merveilleux d’aider les gens à trouver un livre qu’ils cherchent depuis des décennies dans certains cas, de simplement aller le chercher sur l’étagère et de le leur montrer. Leur visage s’illumine. C’est un sentiment vraiment merveilleux.
Dans le cadre de la fermeture, Mme Savoy propose les quelque 75 000 ouvrages à un dollar pièce. Cela signifie que pour 75 000 dollars, quelqu’un pourrait créer sa propre entreprise de livres d’occasion.
Une question d’âge
La décision de fermer la librairie n’est pas une décision économique, selon Mme Savoy.
C’est surtout mon âge… J’en ai assez
, dit-elle.
La propriétaire, Dianne Savoy, propose les quelque 75 000 livres de son inventaire pour 75 000 dollars.
Photo : Radio-Canada / Nathan Fung
Mme Savoy raconte que de nombreux clients réguliers sont passés lui dire au revoir.
Tout le monde est vraiment triste. Ils sont très reconnaissants que j’aie été là, et je leur suis reconnaissante d’être venus et de nous avoir permis de rester ici, car ce sont les personnes qui viennent dépenser leur argent durement gagné qui nous permettent de continuer à fonctionner.
Mme Savoy espère désormais pouvoir jouer au golf et voyager pendant son temps libre.
Je vais continuer à lire beaucoup, comme vous pouvez l’imaginer
, ajoute-t-elle.
Avec les informations de Nathan Fung, de CBC News










