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Un texte de Félicia Latour
Savais-tu qu’après la Bible, Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry, est le livre le plus traduit au monde? Mais avec plus de 600 traductions, aucune édition n’existait en langue autochtone du Canada…jusqu’à maintenant!

Pour Yvette Mollen, la traduction du Petit Prince en innu-aimun s’inscrit aussi dans un travail de préservation de la langue.
Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine
Grâce au travail minutieux d’Yvette Mollen, ce livre pour enfants adoré dans le monde entier sera offert en innu-aimun, la langue des Innus du Québec et du Labrador. Son projet est né d’une volonté de préserver sa langue, en ciblant notamment les jeunes.
La langue innue est un trésor précieux, mais un trésor en danger, et ma carrière de professeure à l’Université de Montréal fait partie de ma mission : la préserver, la faire vivre et la faire reconnaître
– Yvette Mollen, professeure agrégée au Département de linguistique et de traduction
Un défi de traduction
Beaucoup de mots dans Le Petit Prince n’existent pas en innu-aimun, dont rose
, astéroïde
et baobab
. Selon Yvette Mollen, le projet consiste à inventer des passerelles
entre ces deux univers, en créant de nouveaux mots et en demandant aux aînés qu’ils soient entrés dans le dictionnaire.

Le Petit Prince a traversé patois, dialectes et idiomes du monde entier, et continue de voyager aux quatres coins de la planète linguistique..
Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine
Apprendre une langue, c’est apprendre à voir. À nommer autrement une étoile, une plante, un pays. À sentir la relation au territoire. À dire la tendresse pour une fleur, pour un renard, pour un enfant, tout cela dans nos mots. C’est à ça que sert ce livre chez nous.
– Yvette Mollen, originaire d’Ekuanitshit et traductrice innue
Quelques faits sur l’innu-aimun
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s’appelait autrefois le montagnais
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utilise 11 lettres de l’alphabet latin
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les noms se répartissent en deux genres : l’animé et l’inanimé (au lieu du féminin et du masculin comme en français)
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on dénombre deux dialectes innus différents : celui de l’Ouest, de Mashteuiatsh jusqu’à Uashat mak Mani-utenam (Sept-Îles), et celui de l’Est, qui couvre les communautés de la Basse-Côte-Nord et du Labrador.
Avec des images et des informations d’Ismaël Houdassine pour le dossier La Décennie internationale des langues autochtonesNouvelle fenêtre.






