« Souvent, la nuit, le vieil écrivain rêve de sa mort. Curieusement, il n’en ressent que rarement la moindre angoisse », écrit Gilles Archambault dans son plus récent recueil de nouvelles, Vivre à feu doux. La mort est là, tapie, et la vie s’impatiente sous la plume incisive, nostalgique et taquine de l’écrivain. Dans ce recueil de 32 nouvelles brèves, on a d’abord l’impression que les personnages nous glissent entre les doigts. On entrouvre des fenêtres trop vite refermées, permettant tout juste de jeter un oeil voyeur sur la douce amertume de la vieillesse, la banalité du quotidien ou les chocs passagers qui traversent les protagonistes. Or, les nouvelles se multiplient et, dans l’accumulation, plutôt qu’un vertige, on éprouve une profonde tendresse. Tous ces personnages s’assemblent alors en un portrait vivant. On n’entrouvrait pas des fenêtres : on abattait un mur. Derrière ce mur, un homme doux, un peu rouillé par une longue vie, plutôt sévère avec lui-même, prête volontiers le flanc à l’ordinaire en offrant son verbe généreux à autrui.
Vivre à feu doux
★★★ 1/2
Gilles Archambault, Boréal, Montréal, 2024, 112 pages
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