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La plupart des gens l’ignorent, mais Harlequin est un éditeur canadien. Sa recette a fait école avec ses romans à l’eau de rose. « La clé de sa réussite, c’est d’avoir été toujours proche de son lectorat », affirme Marie-Pier Luneau, professeure de littérature à l’Université de Sherbrooke.
Chaque année, Harlequin publie 1000 titres dans une trentaine de langues et attire 50 millions de lectrices. En tout, 7 milliards de livres ont été vendus depuis sa fondation à Winnipeg en 1949.
Deux ans auparavant, l’homme d’affaires Richard Bonnycastle achète une imprimerie dans la capitale du Manitoba. L’entreprise imprime de tout, dont des livres de poche, notamment des romans policiers d’Agatha Christie et d’Arthur Conan Doyle. À partir de 1957, elle consacre toute sa production au roman sentimental.
Généralement, l’histoire d’un roman Harlequin se déroule comme suit : une jeune fille vulnérable, assez innocente, rencontre un homme riche, puissant et viril. Ces deux personnages croient se détester, mais ils se trompent. À la fin du roman, ils tombent amoureux. « C’est évidemment un produit standardisé, avec des guides de rédaction très précis selon les collections », soutient Marie-Pier Luneau.
« Le fait que ce soit un géant du rose qui ait duré si longtemps, qui dure encore, nous permet de saisir l’évolution des imaginaires amoureux à travers le temps. »
Des stéréotypes tenaces
Les romans Harlequin ont fait l’objet de critiques sévères, dont le fait de favoriser la culture du viol. Les femmes se trouvent « dans un rapport de domination par rapport à l’homme », selon Marie-Pier Luneau. « Les romans Harlequin [sont] des romans; on est dans l’imaginaire. On ne peut pas faire un parallèle avec la femme dans la société, ce qu’elle est, ce qu’elle cherche », tempère-t-elle cependant.
En terminant, Marie-Pier Luneau explique pourquoi Harlequin a connu davantage de succès dans les années 1980 et pourquoi ses livres se vendent encore en grand nombre aujourd’hui.





