Source : Le Devoir
La dernière fois que Georgene Fulmer a aperçu sa soeur, Marguerite, le 11 avril 1991 au matin, c’était à travers un miroir. Et c’est également à travers les reflets, les souvenirs et les traces évanescentes que G. analyse, 22 ans après qu’elle se fut volatilisée sur la route de l’école d’art où elle exerçait la sculpture, la disparition de celle dans l’ombre de laquelle elle a grandi. Dans une structure fragmentaire qui brouille les pistes factuelles comme temporelles, Joyce Carol Oates jongle habilement avec les codes du suspense pour dresser les portraits kaléidoscopiques d’une femme qui n’existe plus que dans les mémoires, les fantasmes et les interprétations artistiques — décortiqués avec des soins d’essayiste par la pensée trouble de Georgene. En dépit de quelques acrobaties stylistiques — communes chez la prolifique écrivaine américaine —, le récit se déploie tel un excitant polar, ne perdant jamais de vue les relations et les éléments familiaux et sociaux qui déterminent la trajectoire des êtres et la façon dont leur ego et leur vision du monde se consolident. Fascinant.
48 indices sur la disparition de ma soeur
★★★ 1/2
Joyce Carol Oates, traduit par Christine Auché, Philippe Rey, Paris, 2024, 279 pages
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