Paru en premier sur (source): journal La Presse
Cofondatrice de la librairie féministe l’Euguélionne, professeure et autrice, Karine Rosso offre avec Entre l’île et la tortue un audacieux carnet d’observation, rédigé au « tu » adressé à soi.
Mis à jour à 11h00
Texte hybride, entre autofiction et réflexion sociale, il explore le rôle de la littérature en temps de crise, à travers une correspondance intime avec elle-même en pandémie de COVID-19. Mettant en lumière la tension entre l’intime et le commun, l’autrice soulève une question essentielle : dans quelle mesure les mots peuvent-ils transformer les réalités sociales et économiques qu’elle observe autour d’elle ?
De son appartement à l’intersection de la rue Milton et de l’avenue du Parc à Montréal, elle s’attriste du nombre croissant de personnes itinérantes qui peuplent le coin de rue. Son quartier devient un « observatoire de la fracture sociale ». Parallèlement, une maladie. Progressivement, la vision de la narratrice se dégrade et un trouble s’installe.
Ce regard se double d’une dimension introspective : la narratrice reprend l’écriture de récits de voyage entamés 20 ans plus tôt, reliant passé et présent, explorant ainsi la mobilité sociale et l’évolution personnelle. Les récits de voyage – du Guatemala au Brésil – insèrent des éclats de lumière dans l’incertitude du quotidien pandémique, mais font aussi écho aux problèmes montréalais qu’elle constate. Cette dualité crée une dynamique intéressante et ses périples au Sud nourrissent ses réflexions sur l’écriture de l’autre. De quel droit écrit-elle sur ces gens moins privilégiés qu’elle ? La réponse n’est pas limpide, mais l’exploration de la question est fascinante.
Entre l’île et la tortue
Triptyque
186 pages






