Faux guide de survie
« Voici le livre qu’il te faut / pour accepter que tu feeles comme un caca ». La langue orale prime ici comme s’il s’agissait d’une nouvelle donnée classique de la nouvelle poésie. C’est pourtant clair que ce recours devient usé et que son usage aplanit les différences entre les recueils. Dans « Vingt-cinq choses qui prouvent que tu vis une crise du quart de vie », la dernière résolution se lit comme suit : « Pis décider d’écrire un recueil de poésie / comme toutes les filles de ton âge / qui ont besoin de vivre leur catharsis en public ». On veut bien que ce « guide » soit « faux », mais quand le pastiche est si conforme à l’original, on ressent une exaspération devant les diktats. Sinon, c’est la dérision qui ouvre la voix : « Ça t’surprend, mais / Jean-Philippe Wauthier / pis son Grand écart / t’aident beaucoup à cheminer ». On ne peut s’empêcher de demander où s’en va la poésie quand de telles insignifiances font l’objet d’un poème entier, tout comme ces conseils pour mieux vivre : « Relève les yeux / L’horizon est là / Juste un peu plus haut / Bien / Maintenant, va t’acheter des lunettes de soleil / T’avais pas remarqué / mais l’indice UV est assez élevé ». Les yeux agressés de lumière, il ne nous reste plus qu’à pleurer.
Hugues Corriveau
Transformer ses ruines en ombre à paupières en dix étapes faciles
★★
Catherine Côté, Hamac « Poésie », Montréal, 2025, 128 pages
Vibrato
Originaire d’Argentine, la poète retrouve au fil de son recueil des souvenirs qui ne peuvent qu’être douloureux : « fendue ma bouche / saigne ». La dictature a fait des ravages, les traces en sont irrémissibles. Ainsi, « Le ciel souffre //
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