« Il n’y a pas de petits faits dans l’humanité », écrivait Victor Hugo. Il n’y en a pas non plus pour le philologue ou l’amateur de littérature, estime pour sa part Antoine Compagnon (Les antimodernes, Proust du côté juif) en signant 1966, année mirifique. Le choix n’a rien d’arbitraire, 1966 ayant été une année majeure dans l’histoire de la France, comparable à 1789, explique-t-il, « pour les secousses introduites dans la longue durée ». Une espèce de prélude aux événements de Mai 68, une année marquée par de nombreuses « affaires » (dont l’affaire Ben Barka), la démocratisation de l’enseignement supérieur, les droits des femmes et des querelles intellectuelles, et par un vrai « boom culturel », l’onde de choc des Choses de Perec et de Pierrot le fou de Godard. Une époque où littérature et politique dialoguaient encore. Sur un air de Michel Delpech (Inventaire 66), remuant ciel et terre, Antoine Compagnon présente ici un passionnant exercice d’histoire culturelle — mais pas seulement.
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