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Simon Boulerice : Pour saluer les Victor (et le Simon que j’ai été)

Tout lire sur: Véronique Cloutier Livres

Source du texte: Lecture

À tout juste 26 ans, en 1971, Beaulieu écrit cet essai intime et généreux. On comprend rapidement que ce qui le fascine de Hugo est précisément ce qu’il aspire à devenir. Et moi qui le lis 55 ans plus tard, je peux l’affirmer : ce qu’il est devenu.

Ce qui l’a ébloui de l’écrivain français, c’est l’éclatement de la parole, ce jaillissement du mot. Il écrit : « Ces milliers de phrases qui, une fois lues, m’incitèrent à écrire, car pour la première fois de ma vie, je me rendais compte qu’avec la laideur, la pauvreté, le blasphème et l’ignorance, il était possible de faire de la beauté. Et j’étais au fond de moi si désemparé que j’avais besoin de m’appuyer sur quelque chose de solide et de vaste ; il fallait, pour que je me commence, qu’il y ait une ambition d’être, et d’être beaucoup. »

Solides et vastes, foisonnants et multiples, les deux Victor sont tout ça. Le mythe de lui-même qu’il a poursuivi de Hugo : éclater par tous les possibles et être démesuré. D’ailleurs, dès les premières pages que je lis de VLB, je suis soufflé par l’amplitude de l’écriture, son écriture d’ogre impossible à rassasier. Les deux Victor incarnent l’inépuisable.

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