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Le poète Bernard Pozier quitte la direction littéraire des Écrits des Forges

Source : Le Devoir

Après près de cinquante ans de travail — bénévole, soulignons-le — dont quarante en tant que directeur littéraire, le poète Bernard Pozier laisse les rênes des Écrits des Forges entre d’autres mains.

Bien qu’il songeait à la retraite depuis un moment, une récente décision du conseil d’administration a précipité ses plans. À la suite de quelques années de mauvaise gestion, la maison d’édition, menacée de perdre ses subventions, a été contrainte, tant par le Conseil des arts du Canada que par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) de cesser ses activités à l’étranger.

Pour Bernard Pozier, qui a notamment travaillé au côté du fondateur de la maison, Gatien Lapointe, à enrichir la collection de multiples coéditions et de traductions provenant de la France, de la Belgique, de l’Acadie et du Mexique, ainsi qu’à la diffusion d’œuvres de poètes québécois ailleurs dans le monde, cette décision tronque l’esprit de la maison. « J’ai travaillé pendant des années pour que la maison soit reconnue à l’international, pour que notre culture voyage. Si je ne peux plus le faire, je ne vois pas trop l’intérêt de continuer. »

Éric Roberge, président du conseil d’administration, chargé de redresser les finances des Écrits des Forges, qui cumulait plusieurs milliers de dollars de dettes, la décision des organismes subventionnaires est logique, et l’adhérence de la maison aux conditions nécessaire pour en assurer la survie.

« Depuis janvier, l’an dernier, j’ai monté une jeune équipe dynamique prête à concentrer ses énergies sur le plan national. On est en train d’élaborer une nouvelle direction littéraire et visuelle, une nouvelle vision, et on a une multitude de projets à l’horizon. »

Déjà, leurs efforts ont des retombées. Le président souligne les ventes records de Transfo de Zachary Richard, au Salon du livre de Trois-Rivières, ainsi que le succès rencontré par Michel Pleau avec son recueil Prendre demeure au Salon international du livre de Québec.

Malgré son enthousiasme devant l’avenir de la maison, Éric Roberge assure que de perdre Bernard Pozier a causé « une onde de choc » au sein de l’équipe. « Je le remercie de m’avoir laissé le temps de stabiliser un peu les choses avant de quitter, et pour tout ce qu’il a fait pour la poésie québécoise. Aujourd’hui, c’est une institution qui prend sa retraite. »

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