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La littérature taïwanaise vient de franchir une étape importante sur la scène internationale. Mardi soir, à Londres, l’autrice Yang Shuang-zi a remporté l’International Booker Prize grâce à son roman Taiwan Travelogue, devenant la première écrivaine récompensée à ce concours pour une œuvre écrite en mandarin.
Le prix, remis lors d’une cérémonie à la galerie Tate Modern, souligne autant le travail de l’autrice que celui de sa traductrice, Lin King. Les deux femmes se partagent la bourse de 50 000 livres sterling (92 800 $ CA) remise au gagnant ou à la gagnante du concours.
Publié d’abord en 2020 à Taïwan, Taiwan Travelogue n’a été traduit en anglais qu’au début de l’année. Le roman plonge les lecteurs dans le Taïwan des années 1930 , alors sous domination japonaise.
L’histoire suit une écrivaine japonaise qui parcourt l’île pour découvrir sa gastronomie, accompagnée d’une interprète locale. À travers cette relation, le livre aborde les thèmes de l’identité, du colonialisme et des rapports de pouvoir.
Le jury a salué un récit à la fois raffiné et accessible. La présidente du comité 2026 , Natasha Brown, a affirmé qu’il s’agit d’un livre captivant, d’une sophistication subtile
, qui réussit à la fois comme histoire d’amour et comme roman postcolonial incisif
.
Un concours de littérature incontournable
Âgée de 42 ans, Yang Shuang-zi est connue à Taïwan pour explorer plusieurs formes artistiques. En plus de ses romans, elle écrit des mangas et participe à la création de scénarios pour des jeux vidéo. Les thèmes centraux du roman, le voyage et la nourriture, ont changé ma vie de deux manières évidentes : mes économies ont diminué; mon poids a augmenté!
raconte avec humour l’autrice en évoquant les recherches menées pour son livre.
Créé en 2005, l’International Booker Prize récompense chaque année une œuvre de fiction écrite ou traduite en anglais et publiée au Royaume-Uni. Le prix est devenu un important tremplin pour les auteurs internationaux, mais aussi pour les traducteurs, qui occupent désormais une place centrale dans le concours.
Plusieurs écrivains aujourd’hui mondialement reconnus y ont été honorés avant de recevoir le prix Nobel de littérature, notamment Han Kang, Annie Ernaux et Olga Tokarczuk.
Cette année, six œuvres figuraient parmi les finalistes. La romancière française Marie NDiaye faisait notamment partie de la sélection avec The Witch, traduction anglaise de son roman La sorcière, paru à l’origine en 1996.
L’an dernier, le prix avait été attribué à l’écrivaine indienne Banu Mushtaq pour son recueil Heart Lamp, consacré au quotidien de femmes musulmanes du sud de l’Inde.
Avec les informations de Agence France-Presse











