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Bénévolat : retour sur un duo désaccordé

 

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Alors que la production théâtrale Bénévolat mise en scène par Rose-Anne Déry et mettant en vedette la comédienne Stéphanie Arav et le comédien Mathieu Richard vient de se terminer au Théâtre La Bordée à Québec, le texte dramaturgique, lui, demeure.

La pièce de Maud de Palma-Duquet qui s’est jouée un peu partout au Québec, et en tournée depuis le début de l’année, est publiée chez Atelier 10 et propose une incursion dans le monde carcéral et les différences de classe.

Anthony, jeune homme ayant vécu son enfance dans une famille aux conditions précaires, se retrouve en prison pour avoir tué un homme. Amaryllis, étudiante qui essaie d’accéder à la faculté de médecine, saisit l’option du bénévolat pour étoffer son dossier d’admission. Elle accompagnera le détenu dans ses leçons de français et découvrira par la même occasion une réalité qui lui était auparavant inconnue. De son côté, Anthony trouve dans l’arrivée de sa professeure une présence qui, sans cette visite régulière, lui fait défaut.

Bénévolat : retour sur un duo désaccordé

Campé par une actrice et un acteur solides, le texte, tout aussi fort, a valu à son autrice le prix Gratien-Gélinas remis pour la relève en écriture dramatique. « Je crois que la rencontre entre ces deux-là m’a tout de suite habitée parce qu’elle n’était accompagnée d’aucun mode d’emploi », écrit Maud de Palma-Duquet en ouverture du livre.

Les dialogues, souvent drôles, mais parfois touchants et surtout empreints de teintes et de variations, mettent en évidence le fossé vertigineux qui sépare les deux protagonistes pour ensuite, petit à petit, montrer leurs similarités. Si Anthony se tient sur la corde raide d’un avenir incertain, Amaryllis bascule souvent dans des états de déséquilibre provoqués par un souci d’accomplissement démesuré.

Extrait

« Anthony

Ça t’aurait fait plaisir de savoir que
même en m’forçant, j’ai le quotient
intellectuel d’une poignée de porte?!
J’écris comme d’la marde. J’ai toujours
écrit comme d’la marde pis j’vas
continuer d’écrire comme d’la marde.

Bien écrire ça sert yinque à du monde
comme toi.

Les règles compliquées, les câlisse de
ph qui se prennent pour des f ou les
i avec deux points au-dessus, ç’a été
inventé pour que vous puissiez vous
reconnaitre ent’ vous aut’!

Si le monde comme moi se mettait
toute à ben écrire, vous seriez fourrés
en tabarnak… vous sauriez pus
comment nous différencier!
»

Photos : © Vincent Champoux

Palmarès des livres au Québec