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Pourquoi la musique instrumentale nous fait-elle autant de bien ?

Tout lire sur: Véronique Cloutier Livres

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Changement de refrain

Le regain de popularité de la musique instrumentale reflète également notre rapport renouvelé à l’écoute, considère Danick Trottier. En effet, des plateformes comme Spotify et Apple Music ont transformé la manière dont nous découvrons et consommons la musique. Viviane Audet peut d’ailleurs en témoigner: «Beaucoup de mes auditeurs et auditrices rapportent m’avoir découverte grâce à des playlists, sans m’avoir cherchée directement. Ils écoutent des morceaux recommandés par l’algorithme, et tout à coup, ma musique apparaît. Pour eux, les listes d’écoute créent un environnement, une trame de fond qui accompagne leurs journées.» 

Danick Trottier abonde dans le même sens. «Ces playlists répondent parfaitement aux usages modernes. On travaille, on étudie, on se déplace, on médite souvent en baignant dans les mêmes atmosphères sonores. La musique instrumentale devient un fond sonore qui soutient nos activités, sans imposer de narration.» 

Les plateformes numériques d’écoute contribuent également à brouiller les frontières entre les genres musicaux, favorisant la découvrabilité de la musique néoclassique. «Les auditeurs et auditrices peuvent naviguer plus librement entre la musique classique et la musique populaire», poursuit le professeur et auteur, qui se réjouit de ce décloisonnement entre les styles musicaux. 

Ainsi, en sélectionnant une liste d’écoute de «nouveautés québécoises», par exemple, il est fort possible qu’une pièce instrumentale de Viviane Audet, de Flore Laurentienne ou de Louis-Étienne Santais se glisse entre une chanson de Lou-Adriane Cassidy, de Daniel Bélanger ou de Sarahmée. 

Il est également intéressant de noter que, ces dernières années, plusieurs chanteuses et chanteurs québécois se sont frottés à la musique instrumentale. Ainsi, des artistes populaires comme Cœur de pirate, avec son album Perséides, et Ingrid St-Pierre, avec Ludmilla, contribuent à la démocratisation d’une musique instrumentale accessible, loin du caractère hermétique et abscons auquel on l’associe parfois encore. À cet égard, Treize miniatures, un album solo instrumental du compositeur et musicien Joseph Marchand, lancé en novembre 2025, vaut largement le détour. 

Danick Trottier mentionne en outre la place grandissante qu’occupe aujourd’hui la «musique à l’image». «On est désormais très sensible à la musique qui accompagne les films, les téléséries et la publicité, souligne-t-il. Les gens sont attirés autant par l’enrobage musical que par le visuel et ils veulent connaître l’identité des compositeurs derrière les trames sonores qu’ils aiment particulièrement.» 

Alexandra Stréliski en est d’ailleurs la preuve vivante. Sa carrière a en effet vraiment pris son envol lorsque le défunt cinéaste Jean-Marc Vallée a intégré des pièces de son premier album, Pianoscope, dans son film Dallas Buyers Club, avant de faire retentir sa musique lors de la cérémonie des Oscars en 2014. Pour sa part, Viviane Audet est fière d’avoir retrouvé sa pièce Maria, tirée de son album Le piano et le torrent, dans un épisode de la populaire télésérie Empathie. 

Pourquoi la musique instrumentale nous fait-elle autant de bien ?

Alexandra Stréliski / Photo : Drowster

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