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«Pérou 1982»: terre blafarde

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Dans son discours d’acceptation du prix Nobel de littérature de 2010, le gigantesque Mario Vargas Llosa a parlé de son attachement à son pays natal, le Pérou, avili depuis des siècles par la conquête, par des dictateurs et par des révolutionnaires sans foi ni loi. Ce pays a modelé sa personnalité et forgé sa vocation. L’écrivain a aussi évidemment présenté comment il conçoit son art. « La littérature est une représentation fallacieuse de la vie qui, néanmoins, nous aide à mieux la comprendre, à nous orienter dans le labyrinthe dans lequel nous sommes nés, que nous traversons et où nous mourons, a-t-il dit. Elle nous dédommage des revers et des frustrations que nous inflige la vie véritable et grâce à elle nous déchiffrons, du moins partiellement, ce hiéroglyphe qu’est souvent l’existence… »

Le double héritage de la vie au Pérou et de son interprétation par l’art est tout autant assumé par García JC dans son Pérou 1982.

Le réalisateur québécois d’origine péruvienne est diplômé en études cinématographiques de l’UQAM. On lui doit plusieurs courts métrages et webséries pour sa compagnie montréalaise, Chaska Films. Pérou 1982 est son premier long métrage. Le film a été sélectionné pour la compétition officielle du Festival de cinéma de Lima. Il commence sa vie utile en salle avec des sorties nord-américaines.

Sa fiction raconte l’histoire de Tato (Jhordano Álvarez Huarcaya), garçon mélancolique de 12 ans forcé de fuir les hautes terres andines quand sa famille est menacée alors que le pays subit un conflit armé opposant le gouvernement aux guérillas communistes.

La trame narrative s’organise autour des conséquences catastrophiques de la découverte par le jeune Tato des violences conjugales subies par la femme d’un personnage haut placé. Son père enseignant va dénoncer le mari violent, qui lui-même va se venger et le poursuivre jusqu’à l’exil final.

Ce drame qui va bousiller la vie de toute la famille est raconté du point de vue de l’enfant, un être sensible, attachant et moralement irréprochable. « Je ne mens jamais », renote-t-il à ses parents qui remettent en doute ce qu’il raconte de l’agression fatidique. On le voit dans sa vie quotidienne dans le café de ses parents cultivés et aimants,

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