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Source du texte: Lecture
Conversations entre amis
Sally Rooney (trad. Laetitia Devaux), Folio, 400 p., 18,95$
Frances, la narratrice, et Bobbi, jeunes vingtenaires devenues amies depuis la rupture de leur couple, se produisent sur scène à Dublin à l’occasion d’un événement de lectures poétiques. Ce soir-là, elles font la connaissance de Melissa, puis de son conjoint Nick. L’alchimie est quasi immédiate, il et elles se reverront. Mais l’amitié, très proche de l’amour, comporte parfois ses espaces flous et ses ambiguïtés. C’est ce qu’expérimentera le quatuor, voyant attraits et concupiscence s’immiscer dans la partie, au travers des discussions dont se dégage un regard aiguisé sur le monde. Un portrait sincère d’une certaine tranche de la génération Y, aussi appelée les milléniaux.
La zone de l’amitié
Val-Bleu, Remue-ménage, 100 p., 19,95$
Avec humour, certes, mais aussi l’objectif de se pencher réellement sur la question, l’autrice interroge la possibilité des relations amicales entre femmes et hommes hétérosexuels. Vaste sujet qui possède ses alliés comme ses détracteurs. En choisissant la bande dessinée, Val-Bleu met en scène une panoplie de personnages — la troubadour, le gros macho, la lapine, le gars pas d’pantalon, le timide, la vieille fille frustrée. Au cours d’une soirée passablement imbibée d’alcool, ils y vont tous de leur opinion et tentent de décortiquer le thème malgré leurs positions divergentes. À cela s’ajoute la rhétorique de l’amour en tant que sentiment suprême face à l’amitié, qui serait un sentiment moindre. On n’a pas fini de débattre à propos de la friend zone, et ce livre a le courage de le faire.
Et toute la vie devant nous
Olivier Adam, Flammarion, 320 p., 39,95$
Ils étaient enfants de la banlieue parisienne quand ils devinrent en 1985 un trio indissociable, d’ailleurs appelé « les inséparables », vivant sur l’allée des Sycomores. Quarante ans plus tard, Paul et Sarah, l’un après l’autre, revisitent leurs années d’amitié dans tout ce qu’elle a comporté de frasques, de joies et de tourments avec au centre l’indéchiffrable Alex et la survenue d’un drame. C’est l’occasion aussi de constater l’évolution des mœurs sociales, donnant au roman une projection plus large. Cette rétrospective fait remonter les souvenirs, mais aussi les émotions qui s’y sont superposées. Au moyen d’une écriture fluide, Olivier Adam entrelace les fils de la mémoire pour raconter des parcours de vie ballottés par les aléas.
Que vous ai-je raconté?
Geneviève Amyot et Jean Désy, Le Noroît, 472 p., 27$
Par l’entremise d’une correspondance entre deux poètes s’échelonnant sur dix ans (1990-2000), une amitié se déploie. Les confidences se délient au gré des lettres sur des thèmes aussi divers que l’écriture, les deuils, le quotidien avec ses joies et ses obligations, le temps qui court sans jamais s’arrêter. Deux êtres se trouvent, détenant une même essence, un même angle de vue sur la teneur existentielle, la voix d’Amyot teintée de mélancolie, celle frustrée de Désy lorsqu’il quitte le Grand Nord pour un Sud dépourvu de rêveries. Les vicissitudes ne les épargnent pas, mais la brèche créée par l’authenticité de leurs échanges calme les colères et les déceptions.






