Source : Le Devoir
Collaboratrice
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« La schizophrénie mesurait, épinglait et recousait constamment le passé de Christina pour lui bâtir, à partir du tissu de notre enfance, un horrifiant costume parfaitement ajusté. En quelle année cette entreprise de confection a-t-elle débuté, je ne saurais dire. » Seule la peur est bleue est l’un de ces textes inscrits dans le réel, puisés à même la douleur et l’amour inscrits dans une famille. Martha Baillie raconte avec vulnérabilité et acuité la maladie de sa sœur Christina et le monde qu’elle a su créer en elle et autour d’elle avant de mettre fin à ses jours. La peur s’insinue partout dans le récit, s’infiltre dans le passé des personnages pour mieux brouiller les repères qui séparent le réel des fantasmes de Christina. Martha, narratrice, est en ce sens déchirée entre l’image de « son papa chéri » et les horreurs racontées par sa sœur à son sujet. Le texte protéiforme assure une lecture fragmentée, fissurée, à l’image de cette fragilité qui habite les personnages. Un touchant hommage à la sororité tout autant qu’à la famille dans toute sa complexité.
Seule la peur est bleue
★★★★ 1/2
Martha Baillie, traduit de l’anglais par Sophie Voillot, Alto, Québec, 2025, 220 pages
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