À lire sur Radio-Canada Livres Lire
L’autrice Marie-Andrée Gill, une Ilnue de Mashteuiatsh, a remporté mardi soir le Prix des libraires du Québec 2026 dans la catégorie Poésie avec son recueil Uashtenamu | Allumer quelque chose.
Qualifié par le jury de recueil qui se déploie en poèmes-étincelles où la beauté du quotidien éclaire les zones d’ombre
, Uashtenamu|Allumer quelque chose s’est imposé devant le recueil Précieux sang, de Marie-Hélène Voyer, publié lui aussi aux éditions La Peuplade. On retrouvait également en lice post-espoir, de Lula Carballo (Le Noroît) et Un carré de poussière, d’Olivia Tapiero (Rue Dorion).
Le recueil Uashtenamu | Allumer quelque chose, de Marie-Andrée Gill, est son quatrième ouvrage publié aux éditions La Peuplade.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve
Absente du gala tenu à Montréal en raison d’engagements à l’étranger, Marie-Andrée Gill avait préparé un court texte pour féliciter les autres autrices en nomination, en plus de témoigner de son appréciation du travail des libraires pour faire rayonner la littérature : Merci aux libraires de recommander des livres avec votre cœur et votre sensibilité, d’être attentifs au pouls du monde et de transmettre aux gens ce qu’ils ont besoin de lire.
Son prix a été reçu par Mylène Bouchard, directrice générale de La Peuplade.
Un recueil campé dans la sérénité
Mêlant une langue crue à des éclats de poésie allégoriques, écrit au JE assumé où le français et le nehlueun (l’innu-aimun de Mashteuiatsh) se côtoient, le quatrième ouvrage solo de Marie-Andrée Gill témoigne d’une renaissance doublée d’un renouveau créatif après des moments difficiles.
Dans ce livre, Marie-Andrée Gill nous invite à célébrer la beauté dans les petites et les grandes choses et à accepter le monde tel qu’il est.
Photo : Radio-Canada / Julie Larouche
Elle construit sa poésie en cherchant la beauté dans l’intime, dans l’infiniment petit, pour la faire éclore dans un contexte qu’on pourrait qualifier d’universel.
En entrevue avec Espaces autochtones au printemps 2025, Marie-Andrée Gill avait raconté que cet ouvrage était un recueil d’acceptation
de la place qu’on occupe dans une société où on peut souvent se sentir impuissant. Même si on pense qu’on n’a pas d’impact sur le monde, on en a un. C’est juste qu’il est à sa propre mesure.
Depuis Chauffer le dehors [son précédent recueil, paru six ans plus tôt], mon mode de vie a changé. Je prends vraiment plus soin de moi, je suis vraiment plus « groundée ». Je fais toutes sortes de pratiques qui me font du bien, comme de la méditation. Ça m’aide dans mon travail parce que ça permet de tasser le superflu. […] Je ne sais pas si c’est ça de la maturité, mais tout le travail que je fais sur moi, la poésie ou les projets que je fais en sont teintés.
Le Prix des libraires du Québec, qui a récompensé 12 lauréats en littérature adulte et jeunesse dans différentes catégories, s’accompagne annuellement de bourses allant de 5000 $ à 15 000 $ offertes par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Il est décerné depuis 1994 par l’Association des libraires du Québec.
Outre ses ouvrages littéraires, Marie-Andrée Gill travaille aussi comme scénariste et a animé les balados Les mots de Joséphine et Laissez-nous raconter : L’histoire crochie, disponibles sur la plateforme Ohdio de Radio-Canada.











