Image

Florian Grandena dénonce l’aliénation par le travail dans son premier roman

À lire sur Radio-Canada Livres Lire

La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Le jour, Florian Grandena est professeur agrégé au Département de communication de l’Université d’Ottawa. La nuit, il est désormais auteur de fiction, puisqu’il vient de publier La Fabrique est ma loi, aux éditions Tête première.

Dans ce roman, on suit Victor, ouvrier aliéné par son emploi à La Fabrique. Chaque jour, 14 heures durant, et ce, depuis des décennies, sa mission est de verser un liquide visqueux dans une grande cuve de préparation alimentaire. Pour lui, les années se sont effacées une à une. Il a perdu jusqu’à la mémoire de son âge.

Un soir, Victor voit une chauve-souris suspendue à ses rideaux. Après une brève altercation avec l’animal, celui-ci disparaît, pour se retrouver logé dans ses poumons. Ne comprenant pas d’abord ce qui lui arrive, luttant chaque jour contre des symptômes effrayants, Victor apprend qu’il est atteint de zoopathologie. Mais La Fabrique n’aime pas les éléments faibles et malades…

Publicité

Un État-entreprise

À travers cette histoire, Florian Grandena dresse un portrait critique du monde du travail et ce, dès la citation d’ouverture issue de La Servante écarlate de Margaret Atwood : Penser risque d’anéantir tes chances de survie, et j’ai l’intention de durer.

Car à l’instar de Winston Smith, le héros de 1984, la déchéance de Victor débute à partir du moment où il commence à remettre en question sa situation, réalisant à quel point les règles sociétales coercitives l’ont éloigné de lui-même. Et comme le héros du roman le plus célèbre de George Orwell, il entre peu à peu en résistance contre le système dans lequel il évolue.

La Fabrique est, en effet, plus qu’une simple usine : c’est un État transformé et géré comme une entreprise. Ainsi, Florian Grandena donne corps à travers la fiction au rêve d’un certain courant de pensée libertarien actuel, dont le chef de file est l’entrepreneur Peter Thiel, militant pour un monde entièrement régi par les lois du marché. Ce cynisme est omniprésent. Dans La Fabrique est ma loi, la devise de la compagnie est : Vendre et gouverner, un même principe.

De Blade Runner au Meilleur des mondes

L’ambiance générale n’est pas sans rappeler la scène d’ouverture du film Blade Runner, chef-d’œuvre de Ridley Scott dans lequel on suit un vaisseau au-dessus d’un Los Angeles infini. Le héros de La Fabrique est ma loi semble évoluer dans ce même univers, mais vu du sol. Il y a aussi quelque chose du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, où, comme dans le roman de Florian Grandena, les humains sont classés par groupe hiérarchique. Les Alpha et les Epsilon ont simplement laissé leurs places aux combinaisons vertes et brunes.

Publicité

Aux ouvrages classiques, l’auteur ajoute la question de l’homosexualité de son héros. Victor est subrepticement ostracisé à cause de son orientation sexuelle, jusqu’à être victime d’expérimentation sans en avoir conscience.

L’univers ainsi dépeint est certes déprimant, mais il faut louer le talent littéraire et la culture de Florian Grandena qui fait de ce roman un hommage au grand genre de la science-fiction, tout en racontant une histoire en prise avec le monde d’aujourd’hui.

Dans cet article

La Fabrique est ma loi

No books found for your query.

La Servante écarlate

No books found for your query.

1984

No books found for your query.

1984

No books found for your query.

La Fabrique est ma loi

No books found for your query.

Blade Runner

No books found for your query.

Meilleur des mondes

No books found for your query.

Blade Runner

No books found for your query.

La Fabrique est ma loi

No books found for your query.

Meilleur des mondes

No books found for your query.

Du même sujet

No books found for your query.

Palmarès des livres au Québec