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Fusillade, clans rivaux et vengeance : un polar nerveux dans les bas-fonds parisiens

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François Rabes a fait ses débuts dans le cinéma aux côtés de Jeunet et Caro dans La Cité des enfants perdus. Après un premier polar, Les racines des ombres (Hugo Poche – 2022), Indemne est son deuxième roman.

Sofiane Barkat, 40 ans, est médecin urgentiste. Pour un anniversaire amoureux, il retrouve sa chérie dans un restaurant parisien. Pas de chance, une fusillade éclate et la chérie tombe, victime collatérale de ce règlement de comptes entre clans rivaux.

Sofiane est sorti indemne de ce carnage, mais bien évidemment traumatisé. On s’intéresse trop rarement aux « dommages subis par ceux « qui s’en sortent ». « Sofiane venait d’être emporté par un tourbillon noir. Celui que la mort abat sur ceux qui restent. »

À Montreuil règne le gang des Algériens : ce sont eux qui étaient ciblés ce soir-là au restaurant où l’un des frères Rahmouni a été abattu. De l’autre côté, en banlieue sud, à Grigny, la cité de la Grande Borne est le fief du clan des Gitans mené par Livio Torrès.

« Un règlement de comptes du Milieu. Tels étaient les termes à présent employés par les journalistes pour mettre un nom sur ce carnage. »

« Le gang Torrès venait de sortir du bois en décidant d’éliminer la tête du clan algérien. » Entre les deux clans, l’équipe de la BRB tente d’éteindre l’incendie.

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, après avoir été mijoté longtemps à petit feu : Sofiane va bientôt chercher à s’infiltrer dans le clan des Algériens pour venger sa chérie…

Mais rien ne va se passer comme prévu, bien entendu ! Et le livre aurait pu reprendre à son compte le titre du film de Julien Duvivier : « Voici le temps des assassins. » C’était le titre de l’œuvre.

Curieusement, l’écriture, plutôt basique, est assez inégale. On tombe parfois sur quelques passages au français acrobatique qui heurtent un peu la lecture, puis sur d’autres où ça ronronne, bien en phase avec l’action.

Mais cela ne suffit pas à gâcher l’intérêt de cette guerre des gangs au rythme soutenu : nous sommes plongés dans un monde où les voyous sont trop méchants et les filles trop jolies.

Du côté de Montreuil : le clan des Gitans ; du côté de la banlieue sud : le gang des Algériens. Et au milieu : les flics de la BRB.

Ceux qui aiment râler diront que le personnage du toubib, dévasté par le chagrin et qui se transforme en justicier à la Charles Bronson ou à la Liam Neeson (selon vos références !), manque un peu de crédibilité. Mais il faut reconnaître que c’est le bon prétexte pour promener le lecteur entre les différents clans et dynamiser l’action.

« À ses oreilles, les mots prononcés ne collaient pas dans la bouche de Sofiane. Comme un acteur mal doublé. »

Et puis nous sommes dans un monde de voyous, et il semble bien que François Rabes nous ait distribué des cartes truquées… Le dénouement risque bien de nous surprendre !

Par Bruno Ménétrier
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Sofiane venait d’être emporté par un tourbillon noir. Celui que la mort abat sur ceux qui restent.

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Un règlement de comptes du Milieu. Tels étaient les termes à présent employés par les journalistes pour mettre un nom sur ce carnage.

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Le gang Torrès venait de sortir du bois en décidant d’éliminer la tête du clan algérien.

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Voici le temps des assassins.

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À ses oreilles, les mots prononcés ne collaient pas dans la bouche de Sofiane. Comme un acteur mal doublé.

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