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L’auteure Annie-Claude Thériault, dont la famille est d’origine acadienne, présente son nouveau recueil de nouvelles intitulé Les Disparitions. Ses récits transportent les lecteurs sur des îles et des lieux isolés proches et lointains.
Après avoir publié trois romans, Les Foley (prix littéraire Jacques-Poirier), Les Fille de l’Allemand (prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie-Vie) et Quelque chose comme une odeur de printemps (prix littéraire Jacques-Poirier et prix des lecteurs de Radio-Canada), Annie-Claude Thériault explore dans ce nouveau livre la nouvelle, un genre littéraire caractérisé par des récits fictifs plus courts et comptant moins de personnages que le roman.
J’aime la forme de la nouvelle, ce qu’on peut faire avec les fins et les constructions complexes. Donc, je pense que je suis une nouvelliste dans l’art, mais c’était la première fois que je me permettais de publier un recueil complet de nouvelles
, affirme Annie-Claude Thériault au cours d’une entrevue accordée à l’émission L’heure de pointe Acadie.
Un voyage au fil de communautés isolées
L’île, l’insularité et l’isolement constituent le fil conducteur des sept nouvelles composant le recueil. Les lecteurs voyagent de Grand Manan à l’Irlande, en passant par le Svalbard (Norvège), le Québec et Terre-Neuve. Miscou est aussi mentionnée quelques fois.
On est tous un peu fascinés par les îles. Il y a quelque chose d’intrigant, de sauvage, de charmant
, indique Mme Thériault.
Une sterne arctique se pose sur une clôture près de la base scientifique de Ny-Alesund dans l’archipel du Svalbard.
Photo : Getty Images / Martin Bureau
Puis, d’un autre côté, il y a un sens de la communauté qui est peut-être aussi beaucoup plus fort, parce qu’on est ensemble. Mais cette même communauté-là peut parfois peut-être être étouffante parce qu’on est isolé sur une île.
Des nouvelles inspirées de faits divers
Certaines actualités se reflètent dans le recueil, dont la saga d’une usine de transformation de poisson abandonnée qui empeste le village de St. Mary’s à Terre-Neuve. Plus Annie-Claude Thériault faisait de recherches, plus elle découvrait d’histoires bouleversantes dont elle s’est inspirée.
Je tombais donc sur des trucs comme ça, une mort sur un pont de glace, des déménagements de piano, toutes sortes de faits divers. Puis je me disais, mais il y a quelque chose à raconter là. Il faudrait mettre ça dans notre imaginaire collectif. Il ne faut pas que ça reste juste juste des faits, juste de l’actualité qu’on va oublier demain
, souligne-t-elle.
Le titre du recueil, Les Disparitions, est évocateur de difficultés, dont la mort de proches ou la disparition d’un territoire, mais l’auteure aborde aussi la résilience et la vie qui se poursuit.
On peut continuer de vouloir le bien pour notre planète. On peut continuer d’aimer les gens, j’espère, même quand ils ne sont plus là. L’amour reste, la beauté peut rester. Donc, il y avait vraiment cette envie là de montrer que, malgré les disparitions, malgré les épreuves, malgré ce qui va mal, il reste là-dedans quelque chose de beau
, ajoute Mme Thériault.
Elle compte présenter son recueil au Salon du livre de la Péninsule acadienne, en octobre.
Les Disparitions est publié aux éditions Marchand de Feuilles.






