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Comment les riches ravagent la planète | L’urgence climatique et le 1 %

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Pourrions-nous remplacer un monde inégalitaire qui fonce à grande vitesse vers une catastrophe écologique, commanditée par les plus riches de la planète, par un monde où règnent la collaboration, la sobriété et la nature ?


Publié à 16 h 00

Lylou Nicastro

La Presse

De la rencontre entre la plume critique et factuelle du journaliste français Hervé Kempf et le trait de crayon ironique et libéré de l’illustrateur belge Juan Mendez émerge un sombre portrait de la réalité, mais une invitation colorée à transformer le monde, avec Comment les riches ravagent la planète — Et comment les en empêcher.

En 2007 déjà, Hervé Kempf témoignait dans son essai Comment les riches détruisent la planète de l’avènement d’un désastre écologique et social « piloté par une couche dominante qui n’a plus d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie ».

Dans leur nouvelle bande dessinée, Kempf et Mendez actualisent les données. Dix-sept ans plus tard, très peu a changé : la situation écologique s’est aggravée, les inégalités ont continué à croître et les riches sont toujours aussi déconnectés.

« Même si dans nos vies quotidiennes ça ne va pas si mal, l’état global de la biosphère est devenu très très inquiétant », explique Hervé Kempf, rédacteur en chef du média Reporterre, en entretien avec La Presse.

Plus de 40 milliards de tonnes de CO2 sont injectées dans l’atmosphère chaque année. Plus de 200 millions d’hectares de forêts tropicales humides ont disparu depuis 30 ans. Le poids du plastique a dépassé celui des animaux et les microplastiques se retrouvent dans presque tous les organismes vivants, dont les humains. Et ce n’est qu’une partie infime des constats dont nous font part les auteurs au fil des planches.

Touche d’humour

La somme d’informations à assimiler aurait pu être rebutante, mais les dessins de Juan Mendez rendent leur absorption digeste. Le format humoristique sans cesse renouvelé captive l’attention jusqu’au bout.

Disons que l’humour, c’est parfois un cheval de Troie qui peut cacher des idées qui vont pouvoir changer la société.

Juan Mendez

  • IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON D’ÉDITION

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La bande dessinée met en scène les personnages de Hervé Kempf, en mode savant, et de Juan Mendez, un apprenti en pleine évolution. Alice, jeune fille aux cheveux mauves, complète le trio lorsqu’elle débarque affolée face à la catastrophe écologique.

Au début de son intervention, Alice est en demande, un peu en panique. Puis elle s’investit aussi. Il y avait cette espèce d’ébullition et de grande liberté à faire se côtoyer des personnages issus de l’imagination, de l’histoire, de la réalité.

Juan Mendez

Les dialogues sont d’ailleurs inspirés de la réelle rencontre entre les deux auteurs. Fait cocasse : Hervé Kempf – comme son personnage – se mettait pieds nus lors de leurs premières réunions. « Je me suis dit, c’est un hippie qui vit pieds nus, c’est cool », raconte l’illustrateur. « Longtemps après, il m’a dit : “Mais non, en fait, j’avais juste chaud.” Mais ça m’a permis de lui donner ce petit caractère, ce petit signe permanent. »

Une crise inégale

Dépeints Gucci aux pieds et Rolex au poignet, à bord de leur jet ou de leur yacht privé, les ultrariches exercent une influence considérable sur la suite du monde.

Selon le World Inequality Report, les 10 % des plus riches émettent près de 50 % des émissions de CO2. Et c’est sans compter la pollution et la destruction des écosystèmes. Production de béton, bois tropicaux, production de plastique, mines, financement des énergies fossiles : « [Les grandes fortunes d’aujourd’hui] se bâtissent sur la dévastation du monde », constate le personnage de Kempf.

Les protagonistes, avec l’aide de l’économiste américain Thorstein Veblen, parviennent à la conclusion que les riches doivent changer leur mode de vie – basé sur la rivalité et la surconsommation – et diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre pour que le reste de la société les imite.

Le livre réussit tout de même à insuffler une note d’optimisme — qui pourrait toucher même les lecteurs les plus écoanxieux.

On peut renverser les choses, on peut remporter des victoires. Il y a plein de choses formidables qui se font, il y a plein de façons de vivre normales, c’est-à-dire en coopération, sans chercher toujours à avoir une grosse voiture ou à gagner plein d’argent. Ça fait du bien à tout le monde.

Hervé Kempf, à La Presse

Pour les auteurs, l’urgence climatique, c’est aussi l’occasion de réimaginer un monde différent : plus de publicités ni de multinationales, des profits partagés, des communautés autonomes, davantage de culture et d’éducation… Les vannes sont ouvertes.

En librairie le 27 janvier.

Comment les riches ravagent la planète — Et comment les en empêcher

Comment les riches ravagent la planète — Et comment les en empêcher

Hervé Kempf et Juan Mendez

Seuil

125 pages

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Dans cet article

Titre: Comment les riches ravagent la planète

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