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Et qui de mieux que nos libraires pour décrire cette fébrilité qui règne dans les librairies dès l’ouverture des portes, le 12 août? Jérémie Lévesque de la Librairie Hannenorak en témoigne : « Le 12 août est toujours synonyme d’adrénaline. La librairie est remplie à craquer de lecteurs curieux, que ce soit nos habitués ou de nouveaux clients qui viennent expérimenter l’effervescence de cette journée. Les gens viennent pour être conseillés, pour échanger, pour partager leurs coups de cœur — et ces échanges, toujours stimulants, nous permettent souvent d’apprendre à notre tour. C’est ce qui rend cette journée si spéciale et enrichissante, année après année. »
Cet engouement ne se limite pas à quelques commerces isolés : des lecteurs des quatre coins de la province affluent vers leur librairie de quartier pour prendre part à cet événement rassembleur. À Québec, par exemple, la Librairie Pantoute, située dans la haute-ville, voyait déjà une longue file se former devant ses portes bien avant l’heure d’ouverture. La libraire Emmanuelle Côté nous en parlait ici : « Ce n’est peut-être pas pour tout le monde, mais ce que j’aime le plus du 12 août, c’est l’achalandage. Les clients sont assurément au rendez-vous : curieux, passionnés, avides de conseils. Il s’agit de mon quatrième 12 août comme libraire, mais je ne perçois aucune baisse d’intérêt chez les lecteurs. Bien au contraire! C’est un rendez-vous que les gens attendent avec impatience. »
Même son de cloche dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, où se trouve la Librairie Le Renard perché. Catherine Chiasson, libraire et copropriétaire, témoigne de cette grande vague d’enthousiasme pour la littérature québécoise. Elle souligne également le plaisir manifeste des rencontres et des nombreux échanges qui font de cet événement un moment véritablement unique : « On sent un regain d’intérêt marqué des lecteurs à l’approche du 12 août. C’est devenu un véritable rendez-vous : le mot se passe, les enfants s’y mettent, ça devient une affaire de famille. Tout le monde veut jouer! Le 12 août est désormais ce moment privilégié où l’on se fait plaisir pour vrai. Et pour nous, les libraires, c’est une occasion en or de passer en mode découverte avec les lecteurs. On partage nos lectures marquantes de l’année, on fait revivre les classiques, on célèbre nos coups de cœur. J’adore la période de Noël en librairie, mais le 12 août a une magie bien à lui. Il y règne une effervescence joyeuse, une énergie contagieuse qui place notre littérature sur un piédestal — non pas seulement pour un jour, mais qui lui donne un nouvel élan pour toute l’année. »
Sur leslibraires.ca, les ventes du 12 août 2025 ont dépassé toutes celles des autres 12 août, avec une croissance de près de 136% par rapport à l’an dernier. Elles ont surpassé les éditions 2020 et 2021, survenues en pleine pandémie, avec respectivement des hausses de 4% et de 10%.
À propos du top 10
Oasis de Marie-Christine Chartier se hisse au premier rang de ce palmarès. L’autrice atteignait la seconde place de ce même palmarès le 12 août 2024 avec Le garçon d’encre, deux romans parus chez Hurtubise. Ensuite se trouve le lauréat 2025 dans la catégorie « Essai » du Prix des libraires, Simon Paré-Poupart, qui signe Ordures! Journal d’un vidangeur. Le chien ne meurt pas à la fin, le deuxième roman de Joël Martel, auteur publié chez La Mèche, atteint la troisième position. Son premier roman, Comme un long accident de char, se classait sixième le 12 août 2024. Baignades, le plus récent livre d’Andrée A. Michaud, sera porté à l’écran dans ce qui sera le premier long métrage de Sébastien Diaz. Cette autrice de polars s’est prêtée au jeu d’une entrevue avec nous dans le numéro 146 de la revue. Dans son quatrième roman, Eka ashate/Ne flanche pas (Mémoire d’encrier), Naomi Fontaine évoque la force et la résilience face au colonialisme de la communauté innue de Uashat Mak Mani-utenam, dont elle est originaire. Les 12 août 2020 et 2021, son premier roman, Kuessipan (Mémoire d’encrier), avait trouvé place au top 15.
Cela faisait treize ans que Rafaële Germain n’avait pas publié de roman de fiction et elle y est revenue cette année avec Plage Laval (Libre Expression). On peut la lire en entrevue dans le numéro estival de la revue Les libraires. La mère des larves (Ta Mère) de Maude Jarry fait partie de la sélection québécoise des Rendez-vous du premier roman. Philippe Fortin, libraire à la Librairie Marie-Laura (Jonquière), s’est entretenu avec Paul Kawczak pour le dossier spécial 12 août de la revue Les libraires. Le bonheur, le second roman de cet auteur, arrive huitième de ce palmarès. Son premier roman, Ténèbre, avait atteint la même position le 12 août 2021 et la sixième à la même date l’année de sa parution. Celle qui occupe la position neuf, Gabrielle Boulianne-Tremblay, nous revient avec un deuxième roman fort attendu, La fille de la foudre (Marchand de feuilles), dans lequel l’autrice explore les dérives et les reconstructions d’une femme. Quant à la dixième position, elle revient à Akim Gagnon pour La dèche (La Mèche). À l’occasion de la parution de ce roman, nous avions demandé à l’auteur d’écrire sur le travail d’un de ses pairs; celui-ci s’était rendu chez Alexis Martin, nous permettant d’entrer dans l’univers de ce créateur.
On en parle aussi dans la revue Les libraires
Parmi les autres titres figurant dans le palmarès et ayant bénéficié d’une couverture dans la revue Les libraires, on retrouve notamment en 17e position Là où je me terre (Remue-ménage) de la regrettée Caroline Dawson, en 20e position Debout dans l’orage (Québec Amérique) de Dominique Demers, tout de suite suivi par Joël Martel et son tout premier roman, Comme un long accident de char (La Mèche). Au numéro vingt-quatre, Perrine Leblanc prend la place avec Petite nature (Marchand de feuilles), un livre personnel qui avait entre autres donné envie à Karoline Georges d’explorer un peu plus les parts sensibles de l’autrice. Ce que je sais de toi (Alto) d’Éric Chacour continue d’intéresser, s’inscrivant en 28e dans le palmarès. Au cours d’un entretien avec l’auteur à propos de l’identité, celui-ci nous confiait : « Vient l’âge où l’on comprend que la richesse se cache souvent dans ce qui nous distingue des autres. » Le premier roman de Gabrielle Boulianne-Tremblay, La fille d’elle-même (Marchand de feuilles), trône un peu plus loin dans la liste des meilleurs vendeurs, ainsi que La version qui n’intéresse personne (Le Quartanier) d’Emmanuelle Pierrot.
Amiante (La Peuplade) de Sébastien Dulude (14e), La part de l’océan (Alto) de Dominique Fortier (39e), Hanter Villeray (Stanké) de Gabrielle Caron (42e), Tout me revient maintenant (La Mèche) de Jean-Michel Fortier (66e) et Bonjour, mon cœur (Le Cheval d’août) de Fanny Britt (88e) apparaissaient dans les favoris de 2024 de l’équipe du réseau Les libraires.
Voici la répartition des achats par catégories :
| Littérature | 69% |
| Jeunesse | 14% |
| Bande dessinée | 8% |
| Essais | 5% |
| Vie pratique | 2% |
| Voyages | 1% |
| Biographies | 1% |
Ce sont 46% des livres de ce palmarès qui sont des « Choix des libraires ». Parmi ces 100 livres, 56% ont été publiés cette année.
Ci-dessous, voici la liste des dix livres québécois les plus vendus de la journée sur leslibraires.ca.
- Oasis de Marie-Christine Chartier (Hurtubise)
- Ordures! Journal d’un vidangeur de Simon Paré-Poupart (Lux)
- Le chien ne meurt pas à la fin de Joël Martel (La Mèche)
- Baignades d’Andrée A. Michaud (Québec Amérique)
- Eka ashate/Ne flanche pas de Naomi Fontaine (Mémoire d’encrier)
- Plage Laval de Rafaële Germain (Libre Expression)
- La mère des larves de Maude Jarry (Ta Mère)
- Le bonheur de Paul Kawczak (La Peuplade)
- La fille de la foudre de Gabrielle Boulianne-Tremblay (Marchand de feuilles)
- La dèche d’Akim Gagnon (La Mèche)
Pour consulter le palmarès complet des 100 titres les plus vendus sur notre site ce 12 août 2025, nous vous donnons rendez-vous ici.
Les données des ventes en librairie (Palmarès Gaspard) seront dévoilées la semaine prochaine par la BTLF.
Photo : © Librairie Liber






