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Des critiques à travers le pays craignent que les changements concernant l’accès aux contenus dans les bibliothèques publiques de l’Alberta ne créent un précédent, en accordant à la province le pouvoir de dicter quels livres les citoyens peuvent consulter.
Au début du mois d’avril, le gouvernement albertain a déposé le projet de loi 28. S’il est adopté, les bibliothèques devront limiter l’accès à certains contenus jugés sexuellement explicites pour les mineurs de moins de 16 ans.
Bien que la province assure qu’il ne s’agit pas de censure, plusieurs bibliothèques publiques ont exprimé de vives inquiétudes.
Selon le ministre des Affaires municipales, Dan Williams, la mesure vise à garantir que les enfants et les jeunes adolescents ne puissent pas accéder à des représentations visuelles explicites d’actes sexuels.
Le directeur du Centre pour la liberté d’expression de l’Université métropolitaine de Toronto, James Turk, affirme que le motif invoqué par le gouvernement pour justifier ce projet de loi n’est qu’un leurre
.
Personne ne préconise que les enfants aient accès à du matériel inapproprié, et encore moins les bibliothèques
, a-t-il déclaré.
C’est un problème inexistant que la province utilise comme stratagème pour instaurer une ingérence radicale visant à contrôler les bibliothèques.
Aucune mention du contenu sexuel
Le libellé du projet de loi propose de conférer à un inspecteur nommé par le ministère le pouvoir étendu d’examiner toute question relative à la gestion, à l’administration ou au fonctionnement d’une bibliothèque publique
et d’accéder aux dossiers qu’il juge pertinents.
Le ministre aurait ensuite l’autorité de rendre toute ordonnance qu’il juge appropriée
.
James Turk souligne que le texte du projet de loi ne mentionne aucunement le matériel sexuellement explicite.
Il y voit donc une façon d’accorder au ministre des Affaires municipales l’autorité de restreindre l’accès à des ouvrages sur n’importe quel sujet et qualifie cette mesure d’ingérence sans précédent
au sein des bibliothèques.
Il rappelle au passage que ces institutions sont censées être régies par des conseils d’administration locaux afin de servir des communautés diversifiées.
C’est une réelle préoccupation dans une société démocratique
, ajoute-t-il.
Les livres présentés par le ministre Williams comme étant inappropriés pour les mineurs de 16 ans et moins sont déjà répertoriés et conservés dans la section pour adultes, affirme de son côté Pilar Martinez, directrice générale de la bibliothèque publique d’Edmonton.
La Coalition des bibliothèques publiques de l’Alberta précise que ces changements toucheraient 324 points de service à travers la province, desservant 99 % des Albertains.
L’attaché de presse du ministre Williams, Jack Alarie, a déclaré dans un communiqué que le ministre a été clair et constant sur l’intention de cette législation. Ceux qui suggèrent le contraire choisissent de déformer ses propos plutôt que d’en discuter de bonne foi.
Avec les informations de La presse canadienne









