Source : Le Devoir
Reflet du quotidien
Depuis l’histoire de cette étonnante fleur qui parle jusqu’au réconfort d’une douillette en passant par un pique-nique improvisé et une séance de peinture, Ourson et Pinson coulent des jours heureux. Chaque matin, ils se retrouvent, comme au commencement du monde, prêt à profiter d’une nouvelle journée qui sera assurément formidable. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Porté par une apaisante simplicité, Le pique-nique et autres histoires participe de ces récits qui traduisent avec vraisemblance les échanges aussi spontanés qu’authentiques des enfants. L’auteur et illustrateur Jarvis revient ainsi avec la 4e aventure de cette série de livres illustrés destinée aux premiers lecteurs. À ces petits qui sauront retrouver ici le reflet de leurs émotions. Ils trouveront par ailleurs ce qu’il faut d’entrain dans l’éloquence des illustrations qui évoquent l’ambiance joviale du récit. Quelques passages méritent d’ailleurs une lecture à haute voix, notamment cette ritournelle qui invite à se « tré tré, trémousser et à gi, gi, gigoter comme un grand bol de ge, ge, gelée ». Réjouissant.
Savoir laisser aller
« Le chiot est arrivé à la maison quand [elle] avai[t] 4 ans, et il ressemblait à une peluche d’à peine quelques mois. » L’enfant développe ainsi une amitié avec Tomi jusqu’à ce matin d’hiver où il sort sans jamais revenir. Mais un an plus tard, la narratrice apprend que son compagnon a été adopté. Une visite chez la nouvelle propriétaire sera aussi émouvante que déchirante. Ce récit d’apprentissage raconté de l’intérieur met en lumière la délicatesse de Judy Kaufmann. Avec simplicité et précision, elle raconte tout en laissant place à quelques silences, moments de recueillement qui prennent sens dans les illustrations. Une ligne franche, nette définie par des couleurs en aplat qui traduisent la traversée de l’héroïne. La scène des retrouvailles est particulièrement prenante. Dans une séquence narrative, le chien, dans les bras de sa nouvelle maîtresse, s’efface tranquillement, comme Tomi dans la vie de l’enfant. Les visages disparaissent par ailleurs au moment de la rencontre entre la fillette et la narratrice, traduisant l’anonymat nécessaire pour traverser l’épreuve. Fameux.
Il suffit d’un livre…
Après la populaire série Simon et moi, adressée aux premiers lecteurs, le duo formé de l’auteur Simon Boulerice et de l’illustrateur Guillaume Perreault est de retour avec un Simon un peu plus âgé, plus complexe, mais toujours aussi drôle et attachant. On retrouve le jeune héros en classe, démoralisé par une tâche qui lui semble aussi ambitieuse que de gravir le mont Orford : lire un chapitre entier du livre sur le basketball que lui soumet sa professeure. Mais chaque fois que ses yeux se posent sur les pages, les mots font des cabrioles, et ses pensées galopent dans toutes les directions. Quand son enseignante lui demande de résumer l’histoire, c’est la panique ! Avec sa plume enjouée et imagée, Simon Boulerice capte en douceur et en humour l’amplitude des émotions que font vivre les défis de l’enfance et de l’apprentissage. Accompagné des illustrations expressives et irrésistibles de son comparse, l’écrivain souligne les forces insoupçonnées qui se cachent dans nos failles. Un livre qui pourrait bien être celui qui ouvrira les portes de la bibliothèque aux plus récalcitrants.
La magie des plantes
Si elle était une plante, la petite Lola voudrait être un chêne. Les racines bien ancrées dans la terre, la cime qui côtoie les nuages, les branches qui se déploient en maison pour les oiseaux et les écureuils. Dans ce documentaire jeunesse alliant écologie et lumineuse poésie du vivant, Gaia Stella invite les jeunes lecteurs à passer outre l’immobilité des plantes pour comprendre leur importance et leur grande complexité. L’autrice et illustratrice se met à hauteur d’enfants pour souligner les aspects les plus insolites et merveilleux du monde végétal. Sous sa plume ludique, les plantes se déplacent sans pieds, respirent sans nez et mangent sans bouche, en plus de faire de la magie avec la lumière du soleil. Racines, feuilles et pétales s’animent pour entrer en conversation avec les insectes et les animaux, et arbres et fleur s’exposent sous forme d’imagier pour enseigner la joie et l’importance de savoir nommer ce qui nous entoure. Les illustrations vives, minimalistes et aérées attirent le regard vers les détails qui comptent, et invitent à la contemplation.
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