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Dans la poche – Numéro 155

À chaque édition de la revue Les libraires, nous vous proposons une sélection de livres qui se glissent facilement dans votre poche. Petit prix et petit format, certes, mais de grandes découvertes et de belles plumes!

Bien-être
Nathan Hill (trad. Nathalie Bru), Folio, 782 p., 24,95$
Tout aurait dû les séparer. Pourtant, de part et d’autre de la rue, Jack, photographe sans le sou, et Élizabeth, étudiante en psychologie, voient leurs chemins se croiser. C’est le déclic, une première rencontre qui fait naître un amour auquel on n’ose plus croire. Mais au fil des années, le vernis se fissure sous le poids d’une réalité qui sans cesse se distord. Ici réside le génie de Nathan Hill qui, grâce à d’habiles allers-retours narratifs, dévoile les failles d’un amour, conjugal, familial, personnel et même social, auquel on s’accroche pour mieux perpétuer une image de soi. Car sommes-nous prêts à faire face à qui nous sommes vraiment, dépouillés des belles histoires que l’on se raconte à soi-même et aux autres?

Les enfants du large
Virginia Tangvald, Le Livre de Poche, 214 p., 15,95$
Virginia est née à bord d’un bateau, le ballant de ses premiers pas dictés par le roulis des vagues. Lorsqu’elle a 2 ans, sa mère s’enfuit avec elle, quittant une vie d’errance qu’elle ne pouvait plus supporter et lui évitant du même coup le naufrage qui emportera sa sœur et son père, Peter Tangvald. Mais la mer n’en a pas fini avec sa famille : son frère Thomas périra lui aussi de la même façon. Dans Les enfants du large, l’autrice utilise la plume comme un compas pour retracer l’odyssée familiale, celle d’un père prisonnier d’une quête de liberté qui finira par tout engloutir. Page après page, lettre après lettre, elle comble les silences d’un passé qu’elle doit s’approprier pour enfin pouvoir s’ancrer, les deux pieds sur terre.

Patronyme
Vanessa Springora, Le Livre de Poche, 350 p., 16,95$
En 2020, alors qu’elle s’apprête à entrer sur un plateau de télévision, l’autrice reçoit un appel qui bouleverse sa trajectoire : son père vient de décéder. Tout à sa tâche de vider l’appartement de cet homme qui n’était plus pour elle qu’un inconnu, elle tombe sur des photos qui ouvrent la boîte de Pandore de son patronyme. S’ensuit une enquête qui confrontera la petite à la grande Histoire, révélant les racines de la honte imbriquées à même le récit familial. De ce choc colossal, initié par une écriture mélangeant fiction et analyse, récit de voyage, légende et mythologie personnelle, Vanessa Springora s’évertue à évacuer les non-dits pour que la parole enfin se libère.

La porteuse de lettres
Francesca Giannone (trad. Françoise Bouillot), Le Livre de Poche, 564 p., 18,95$
Dans les années 1930, Anna, originaire du nord de l’Italie, déménage au sud avec son mari Carlo et leur fils. Les gens du village, ancrés dans les traditions, la catégorisent rapidement comme l’étrangère. Les commérages s’accentuent quand elle devient postière, un travail qu’elle exercera longtemps. Ce récit, empreint de désillusions, de secrets, de désirs inassouvis et d’amours impossibles, s’échelonne jusqu’en 1961, témoignant aussi de l’époque, notamment de la guerre et des revendications féministes. S’inspirant de l’histoire de son arrière-grand-mère, l’autrice brosse un portrait vibrant et touchant d’une femme avant-gardiste à l’esprit libre. Notons que le nouveau roman de Francesca Giannone, À nous, demain (Albin Michel), mettant en scène une autre héroïne hors du commun, vient de paraître. En librairie le 15 juin

Primadonna
Elisabeth Massicolli, Québec Amérique, 136 p., 16,95$
Dans Primadonna, on renoue avec le personnage de Camille, découvert dans La bouche pleine (ce diptyque à la plume mordante peut se lire indépendamment). Après avoir perdu tous ses repères à Montréal, la jeune femme s’expatrie à Rome, destination parfaite pour oublier ses problèmes, se retrouver et vivre la dolce vita. Essayant de profiter du moment présent, elle suit des cours pour apprendre la langue, se lie d’amitié avec une Française avec qui elle étudie, et fréquente un bel Italien. Ayant été meurtrie par le passé, Camille ne veut pas s’attacher à ce dernier, ce qui complique leur relation. Elle devra panser ses blessures et alléger son cœur afin de pouvoir avancer.

Ça aurait pu être un film
Martine Delvaux, Héliotrope, 328 p., 18,95$
Martine Delvaux devait se pencher sur un scénario de film mettant en vedette la relation amoureuse entre Joan Mitchell et Jean Paul Riopelle. Mais c’est plutôt à une troisième personne qu’elle s’intéresse, une jeune peintre américaine, Hollis Jeffcoat, qui s’est retrouvée au milieu du célèbre couple, qu’on associe d’ailleurs à sa séparation. Laissant tomber le projet initial, l’autrice plonge dans la trajectoire de cette femme. « Je ne te connais pas. Je ne t’ai jamais rencontrée. Ta vie est un mystère. Pourtant, je me sens chargée de la raconter. » Ayant éprouvé un coup de cœur pour cette artiste méconnue, reléguée au second plan, voire oubliée, l’écrivaine enquête sur elle et fouille son histoire. Les fragments de cette quête personnelle esquissent un portrait impressionniste de cette créatrice, comme un tableau qui nous hypnotise.

Sauf que Sam est mort
Marianne Brisebois, Hurtubise, 570 p., 18,95$
Alors qu’elle essaie de reprendre pied après la mort de son copain, Alexandra s’accroche au meilleur ami de ce dernier, Jean-Thomas, parce que ça lui donne l’impression de le retenir encore un peu, de perpétuer son histoire. Après tout, avant, ils formaient un trio inséparable, fusionnel, et ils doivent maintenant apprivoiser la vie sans lui. Cette absence qui prend toute la place rapprochera Alex et Jean-Thomas, qui ont en commun ce deuil et cette affection portée au disparu. Les moments présents où, ensemble, ils tentent de survivre à cette perte et ceux du passé qui témoignent de leur relation amoureuse et amicale se mélangent dans une construction finement tissée qui révèle l’intensité de leurs liens.

Paris Hollywood
Cécile Mury, J’ai lu, 474 p., 17,95$
À Paris, Marianne, journaliste de cinéma pour un hebdo culturel, s’entretient avec Ben, une vedette internationale qu’elle vénère depuis l’adolescence, mais qui est reconnue pour être imbuvable en entrevue. Désarçonnée, elle accumule les gaffes, ce qui attire l’attention du séduisant acteur. Ils se revoient ensuite pour reprendre cette rencontre ratée, mais les maladresses de Marianne se poursuivent et la magie opère. Une idylle s’amorce entre eux. La jeune femme n’arrive pas à croire que cette histoire soit réelle. Surtout que les embûches ne manquent pas : la distance, la barrière de la langue et la célébrité de Ben. Une comédie romantique absolument charmante!

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En librairie le 15 juin

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