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Face à l’IA, les auteurs résistent et les éditeurs sont prudents

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Alors que les algorithmes puissants de l’intelligence artificielle générative sont capables de puiser dans l’ensemble des informations disponibles en ligne pour produire un résultat qui s’apparente de plus en plus à un acte créatif, le monde littéraire tente d’en délimiter l’utilisaiton raisonable. Regard sur une page plus obscure du livre canadien.

Est-ce que les auteurs utilisent l’IA comme source d’inspiration?

Portrait de Pierrette Requier

Pierrette Requier refuse d’utiliser l’IA dans le cadre de son travail. Pour elle, il faut préserver le geste humain derrière la littérature.

Photo : Fournie par Pierrette Requier

Poète et autrice, Pierrette Requier refuse fermement d’utiliser l’IA pour le moment, dit-elle. Car, si la femme de lettres ne ferme pas la porte à l‘explorer à un moment donné, elle affirme vouloir tenir bon à travailler avec ses mains, son intelligence et son coeur.

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Selon elle, certains homologues doivent sûrement l’utiliser, mais elle n’en connaît aucun et avoue ne pas en parler beaucoup autour d’elle.

Du côté de l’autrice anglophone Alison McBrain, même message : pas d’IA dans sa plume.

En 2024, Alison s’était lancé un défi, celui d’écrire 34 livres en 34 semaines, afin de montrer que l’IA [générative] ne peut rivaliser contre la création humaine. Ce pari un peu fou visait à faire parler de la situation et faire réfléchir tout un chacun sur le geste de l’écriture.

Selon moi, les auteurs utilisent l’IA comme tout le monde : pour se libérer de tâches administratives assez chronophages et ainsi se concentrer sur la création.

Une citation de Alison McBain, autrice et éditrice

Un tabou bien gardé

Bien qu’aucune des autrices interrogées ne dit utiliser l’IA, force est de constater que celle-ci s’est bel et bien invitée à la table des éditeurs.

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Katrine Deniset, directrice générale par intérim aux Éditions du Blé, au Manitoba, en a récemment fait l’expérience troublante.

Parmi les manuscrits qu’elle a reçus et qu’elle parcourt, il y en a un qui ressort rapidement du lot : j’ai très rapidement compris que ce texte avait été généré par l’IA, dit-elle.

Rapidement, elle contacte la personne à l’origine du texte et propose une rencontre pour échanger avec elle. Malgré les différents exemples que prendra Katrine pour étayer sa position, qui, pour elle ne fait aucun doute, la personne ne reconnaîtra jamais l’usage de l’IA.

Pour moi, [en tant qu’éditrice] c’est évident quand un texte a été écrit par un robot. C’est un texte sans âme, c’est un texte sans style. Nous, nous recherchons des idées nouvelles, des voix originales, ce que l’IA est incapable de fournir.

Une citation de Katrine Deniset, directrice générale par intérim, Les Éditions du Blé

Cette dynamique se confirme sur tout le territoire canadien, comme le souligne la directrice des affaires juridiques de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), Stéphanie Hénault.

Selon elle, la tendance globale s’oriente vers davantage d’encadrement et de transparence en la matière.

Du point de vue de Stéphanie Hénault, les maisons d’édition jouent, dès lors, le rôle de gardiennes de la création humaine de par leur relation avec les auteurs et la promotion de leur travail.

D’après les commentaires que je reçois de mes collègues éditeurs partout sur le territoire, c’est qu’il est assez facile d’identifier un titre qui aurait été généré en partie par l’IA.

Une citation de Stéphanie Hénault, directrice des affaires juridiques de l’ANEL

De toute façon, la relation contractuelle entre l’éditeur et l’auteur est là pour garantir l’originalité de l’œuvre. Certaines maisons d’édition organisent même des rencontres avec leurs auteurs pour s’assurer de cela, explique-t-elle.

Plusieurs personnes, dont Stéphanie Hénault, participent à une table ronde lors du Sommet sur l'IA dans les arts, à Banff, en mars 2026.

Stéphanie Hénault de l’ANEL était présente lors de conférences et tables rondes qui se sont tenues dans le cadre du Sommet national sur l’IA dans les arts, à Banff, en mars 2026. (Photo d’archives)

Photo : Gouvernement du Canada

Étant donné que les développeurs d’IA concoivent des algorithmes qui reposent sur le machine learning, qui lui-même découle des contenus déjà en ligne, les maisons d’édition doivent s’assurer de ne diffuser aucune œuvre écrite à l’aide de l’IA pour ne pas se rendre coupable de contrefaçon.

Quoiqu’il en soit, l’IA comme outil de création s’invite donc dans le milieu de l’édition et il est encore difficile de savoir s’il s’agit d’une tendance temporaire qui remue les lignes ou d’une véritable tempête subversive.

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