À P., ville de confins qui s’étend de façon interminable le long de la mer, si l’horizon est vaste, l’endroit donne l’impression d’être un cul-de-sac. Une petite ville aux accents de western poussiéreux qui montre les vestiges d’une ruée vers l’or, où le cimetière occupe une plus grande superficie que les habitations. C’est vers ce paysage et ses habitants qu’une cinéaste a choisi de diriger sa caméra pour y tourner « un film qui n’existe pas ». Ailleurs, comme un récit miroir, au milieu de l’Atlantique Sud, une femme amnésique qui dérivait sur une barque est repêchée par un cargo. Chargé d’onirisme et d’éclairs exotiques, d’envols et de fausses pistes, La mer et son double, l’original premier roman de Julia Lepère, nous donne à voir plus qu’il ne raconte. Un « roman de poète » à la construction complexe et sinueuse, qui avance, un peu comme chez Julien Gracq, en nous révélant à petites doses la réalité qu’il contient, ajoutant les couches de sens pour éclairer son mystère.
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