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«Se fondre»: survivre à l’homogénéité du monde

Source : Le Devoir

Dans un Canada où le Québec est entièrement assimilé et où s’effacent les derniers vestiges de la langue française, des prisonniers politiques, militants pour la souveraineté, purgent des peines à perpétuité dans des conditions exécrables. Du jour au lendemain, après des années de détention, les condamnés sont tour à tour trouvés morts au petit matin, assis sur la toilette de leur cellule.

Bien que les geôliers cherchent en vain la source du problème, le spectateur comprend rapidement que les décès sont causés par un ver solitaire que son hôte, matricule 973 (Jean-François Casabonne), dépose chaque soir dans la cuvette afin qu’il se faufile dans les réseaux d’aqueduc de la prison jusqu’à sa prochaine victime.

Ce ver, et la volonté de s’essayer à la science-fiction — « un genre qui relève presque ontologiquement du cinéma » — dans un film qui « tutoierait le destin collectif des Québécois », habitait Simon Lavoie depuis plusieurs années. C’est toutefois un sentiment d’urgence, ravivé par la pandémie, qui a permis au cinéaste réalisateur de Laurentie (2011) et de Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (2016) de placer les dernières pièces de son casse-tête.

« La question de l’avenir du Québec me tient éveillé la nuit. Ce que je perçois comme une lente érosion de notre langue et l’aplanissement de nos traits culturels semble se dérouler dans une parfaite indifférence. J’ai ressenti l’urgence d’assumer cette pensée nationaliste un peu taboue et inconfortable. »

Le cinéaste avait une telle foi en son projet qu’il s’est

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Titre: Se fondre

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