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L’ancien journaliste et écrivain manitobain Jean-Pierre Dubé est mort cette semaine, a confirmé sa famille à Radio-Canada.
Né en 1954 à La Broquerie, au sud-est de Winnipeg, Jean-Pierre Dubé a travaillé comme journaliste à Radio-Canada, avant de rejoindre l’hebdomadaire La Liberté, dont il a été rédacteur en chef.
Huitième enfant d’une famille qui en compte douze, le jeune Jean-Pierre aimait disparaître des heures dans les boisés pour lire. Son grand frère Paul, qui vit en Alberta depuis 56 ans, est resté proche de lui, bien que Jean- Pierre Dubé ait vécu en Suisse ces 13 dernières années. Pendant 25 ans, tous les dimanches matins, on se parlait pendant 1 h, et on parlait surtout de littérature.
Jean-Pierre était une personne assez complexe, je dirais même peut-être très complexe. C’était à la fois un grand athlète, un grand joueur de hockey. Il y a beaucoup de gens qui ne le savent pas! Il a même été, je crois, le capitaine de l’équipe du collège de Saint-Just, la grosse équipe comme on l’appelait à l’époque!
Dans le regard de Paul, Jean-Pierre était très capable académiquement parlant, intellectuellement parlant
.
C’était un premier de la classe, quelqu’un qui lisait beaucoup, et qui est devenu par la suite un éditorialiste et rédacteur en chef.
L’ancienne rédactrice en chef à La Liberté et journaliste Sylviane Lanthier, se souvient de ses années, aux côtés de Jean-Pierre Dubé, de 1990 à 1995. C’est quelqu’un qui était très droit dans sa façon de faire du journalisme, très rigoureux.
Sa bonne humeur, aussi, c’était très agréable de travailler ensemble.
Des souvenirs que partage Daniel Bahuaud : c’était une personne facile d’accès. Je pense que ça en dit beaucoup sur lui comme rédacteur… Il a accueilli chaleureusement l’idée de quelqu’un venu simplement frapper à sa porte, un membre de la Communauté, puis il a dit « Ah OK, ça va ajouter de la richesse du journal ».
Au début des années 80, l’ancien journaliste Daniel Bahuaud est un jeune universitaire passionné de musique classique. Je suis allé le voir pour lui proposer que je fasse la critique de la série de concerts Masterworks, de l’orchestre symphonique de Winnipeg. Il a très chaleureusement accueilli l’idée et m’a dit, « Ben, écoute, écris une fois et on verra”, se souvient-il.
Certaines fois, il était strict avec moi, mais c’était vraiment à mon grand avantage. Il m’a inculqué une discipline.
Et Sylviane Lanthier aime le rappeler, Jean-Pierre Dubé était aussi quelqu’un qui provoquait la discussion, qui n’était pas tout le temps dans le consensus
.
Un écrivain à la plume provocatrice
Homme de lettres, il a notamment écrit deux spectacles musicaux de théâtre mis en scène par le Cercle Molière, à savoir Piaf et Quand on n’a que l’amour.
Jean-Pierre Dubé a aussi écrit plusieurs livres publiés dans diverses maisons d’édition, dont les Éditions du Blé, au Manitoba.
Il avait d’ailleurs remporté le Prix littéraire des caisses populaires pour son premier roman, La Grotte, et le Prix Rue-Deschambault, pour son deuxième roman, Ma cousine Germaine.
En 2022, il a publié deux livres : Le Radeau, aux Éditions du Blé ainsi que Et après, nouvelles et récits du crépuscule, publié aux Éditions du Péricarde.
Selon Sylviane Lanthier, le journaliste et écrivain a marqué les francophones ici
. La foi catholique était très importante et l’Église pouvait limiter ce que les gens pensaient ou ce qu’ils pouvaient faire… Jean-Pierre avait des opinions assez tranchées, des façons un peu provocatrices de dire, ou de faire les choses.
Le premier livre qu’il avait écrit et qui a été publié aux Éditions du blé provoquait beaucoup sur la question du catholicisme.
Doté d’un tempérament quand même assez assez fort
, Jean-Pierre Dubé a été également élu personnalité de l’année au collège de Saint-Boniface
. Paul Dubé se rappelle que son petit frère avait du charisme, beaucoup d’amis, et une personnalité vraiment unique
.
Jean-Pierre Dubé est décédé en Suisse à 74 ans durant la semaine du 11 mai 2026.
Photo : Katia Dalle Fusine
Jean-Pierre Dubé habitait aux confins de la Suisse italienne depuis plusieurs années, par amour pour sa femme Katia. Installé dans la petite ville de Morbio, il était, malgré la distance, d’une fidélité totale pour son pays de de naissance, il parlait pour la communauté franco-manitobaine, et il a connu un parcours où il été très impliqué dans la francophonie canadienne
, conclut Paul.











