Paru en premier sur (source): journal La Presse
Alan Hollinghurst est l’un des auteurs britanniques les plus en vue depuis son livre La ligne de beauté, récompensé par le prestigieux prix Booker il y a 20 ans. Et son plus récent titre, Our Evenings, qui nous arrive maintenant en français, est considéré par le quotidien The Guardian comme son meilleur roman à ce jour.
Publié à 11 h 00
Comme Jonathan Coe dans Le royaume désuni, Hollinghurst raconte l’Angleterre des six dernières décennies dans une perspective intimiste. Mais là où Coe peint le portrait d’une famille ordinaire de la classe moyenne, Hollinghurst adopte le point de vue d’un adolescent métis qui grandit dans une petite ville blanche des années 1960 et mènera une brillante carrière d’acteur.
Enfant, David Win habite avec sa mère couturière et ne sait rien de son père, hormis le fait qu’il est birman et que sa mère l’a connu quand elle vivait en Asie. Grâce à une bourse, il réussit à intégrer une école prestigieuse avant d’entamer des études à Oxford – puis de tout lâcher pour le théâtre.
De son adolescence jusqu’à un âge avancé, les préjugés liés à sa couleur de peau ne cesseront de le suivre, alors qu’il découvre son homosexualité et tente de survivre entre deux rôles au sein d’un nouveau théâtre britannique de gauche.
Nos soirées est un roman ambitieux qui parle de quête identitaire, de la passion du théâtre, des relations qui perdurent malgré les années qui passent et les interdits qui y sont liés. C’est un roman parfois dense et très niché, mais qu’on ne peut s’empêcher de poursuivre tant on s’attache au protagoniste. Et qu’on finit par quitter, au bout d’un long voyage dans le temps, avec l’impression de laisser un vieil ami.
Nos soirées
Albin Michel
606 pages






