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Dans le rayon tourisme d’une librairie, les propositions affluent. Le voyageur débutant ne sait pas vers quel guide se tourner, il s’empresse de demander conseil au libraire : « Mais pour aller à Rome, c’est lequel, le mieux? » Une réponse rapide le dirige vers un champion des ventes : « Prenez un “Routard” ou un “Lonely”, les gens aiment bien… » Mais ni le ton ni le contenu ne conviendrait forcément à Gilbert, amoureux des vieilles pierres. Une autre réponse oriente l’interlocuteur vers la préférence du prescripteur : « Moi, je ne pars jamais sans mon “Guide Bleu”! » Là encore, la recommandation n’est pas assez personnalisée.
Mais alors, concrètement, quelles sont les différences entre deux guides de voyage?
Première distinction : pratique ou culturel?
Lorsqu’il est question de guides touristiques, deux grandes familles s’opposent : certaines collections privilégient les informations « pratiques », tandis que d’autres adoptent une approche plus « culturelle ». Les guides pratiques misent sur le conseil et rassemblent des données utiles pour organiser son séjour et se repérer sur place. De quoi trouver où dormir, bien manger et circuler sans difficulté. Fidèles compagnons de route, ils accompagnent chaque étape du voyage et ne manquent pas de bons tuyaux. Les guides culturels, quant à eux, développent une lecture plus approfondie de la destination. Ils décrivent avec précision les monuments, les quartiers et les sites, en apportant des clés de compréhension historiques et architecturales.
Panorama des guides pratiques
Les ouvrages pratiques partagent un même objectif : vous faciliter le travail. Si c’est ce que vous cherchez, vous êtes au bon endroit. Mettons maintenant le nez dans les rayons.
Créés dans les années 1970, le « Guide du Routard » et le « Lonely Planet » adoptent initialement une vision similaire du voyage indépendant et responsable. Tous deux communiquent des valeurs humanistes sur un ton plutôt léger. Leur succès a toutefois un revers : certaines adresses perdent en exclusivité. C’est finalement leur origine qui les distingue. On sent vite qu’un « Routard » est français, la vision des pays visités reste donc très européenne. Du côté de « Lonely Planet », les livres sont généralement rédigés en anglais avant d’être traduits, en dehors de quelques exceptions. Le « Petit Futé », lui, se démarque par son goût des destinations moins attendues. Les recommandations émanent directement des habitants de la région. Une plus-value pour dénicher de bons plans 100% locaux… mais qui peut poser un problème d’impartialité. Pour la même raison, les conseils manquent parfois d’un regard critique et l’abondance de publicité peut déranger.
Si vous partez pour un court séjour, vous pouvez plutôt miser sur « Cartoville » (Gallimard) avec ses cartes dépliantes ou sur des collections comme « Un Grand Week-end » (Hachette), « Escale à » (Guides de voyage Ulysse) ou « En quelques jours » (Lonely Planet), qui optent pour une approche « plaisir », une sélection d’incontournables par quartier dans un format compact. Idéal pour un saut de puce dans une grande ville!
Tour d’horizon des guides culturels
Lorsque tout est déjà planifié, mieux vaut se tourner vers des guides à dominante culturelle. Ils sont indispensables pour appréhender l’histoire et les us et coutumes d’un pays et pour tenter de percer les secrets de son patrimoine. Leur cartographie est précise, leur contenu dense, et les mises à jour plus rares, car l’histoire des lieux évolue peu.
Les « Guides Verts Michelin » constituent une excellente porte d’entrée. Ils conviennent au voyageur non spécialiste, mais curieux d’en apprendre davantage. À l’origine fabricant de pneumatiques, Michelin est devenu un acteur majeur de l’édition touristique avec une idée simple: donner envie de prendre la route… et d’user ses pneus. Résultat : des itinéraires bien pensés, parfaits en voiture, mais moins adaptés à d’autres moyens de transport. Plus exigeants, les « Guides Bleus » (Hachette) sont une véritable référence. Les contenus sont riches, illustrés, détaillés, presque universitaires. Si bien qu’en 1953 en France, les candidats à l’agrégation de géographie devaient se référer au Guide Bleu Grèce! Dans le même esprit, les « Encyclopédies du Voyage » (Gallimard) sont pensées pour ceux qui partent longtemps et veulent explorer en profondeur tous les aspects historiques et culturels d’un pays.
Vous pensez avoir tout vu?
Vous vous rendez à Bruxelles pour la cinquième fois et vous cherchez à être surpris? Les éditions Jonglez misent sur l’insolite et invitent à redécouvrir une ville à travers des lieux cachés et des parcours décalés. Vous êtes toujours à la pointe du raffinement? Sorte de « Pléiade » du guide de voyage, les « City Guides Louis Vuitton » cultivent une approche plus esthétique et sélective : couverture toilée, gaufrage, jaspage des tranches… Et bien sûr, une sélection d’établissements aussi pointue que subjective.
Vous l’aurez compris, le guide idéal n’existe pas. Parce que le voyageur est multiple, changeant, parfois explorateur, parfois contemplatif. Mais à défaut de solution unique, vous avez désormais quelques clés pour dégoter, à chaque départ, le guide qui correspond à votre manière de voyager.






