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Le Grand Prix du livre de Montréal à Élise Turcotte

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Élise Turcotte a reçu mercredi soir le Grand Prix du livre de Montréal pour son récit Autoportrait d’une autre, lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville.


Publié à 19 h 00

C’est la deuxième fois que l’autrice remporte cette récompense, qui lui avait aussi été remise en 2011 pour Guyana.

« Ce prix est très important, a souligné l’autrice. J’ai déjà participé à des jurys du Grand Prix du livre de Montréal ; c’est un travail de fou et je sais à quel point ça génère des discussions littéraires. Ça me réconforte vraiment. »

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Élise Turcotte reçoit le prix des mains de Ericka Alneus, conseillère de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie.

Paru l’an dernier chez Alto, Autoportrait d’une autre est né de son « obsession » de longue date pour sa tante, Denise Brosseau. « C’est peut-être mon livre le plus personnel. En fait, c’est même la première fois que je me mets en scène dans un livre à ce point-là », a-t-elle ajouté.

J’ai mis tellement d’ardeur à écrire ce livre. Ça fait 45 ans que j’écris, mais je suis contente qu’on reconnaisse le travail que j’ai fait pour celui-là.

Élise Turcotte

La romancière, poète et essayiste a confié avoir réfléchi pendant 10 ans à ce livre, avant d’enfin trouver sa forme. « Comme je l’ai écrit dans le livre, au début, je voulais en faire un film. Je me disais que c’est une matière qui mérite beaucoup d’images et qui appelle beaucoup d’images. J’aurais aimé aller tourner à Mexico ; je voyais des scènes de cinéma. Mais Marie-Andrée Beaudet, qui a été la compagne de Gaston Miron, me disait que c’était un livre qu’il fallait que je fasse », a rappelé Élise Turcotte.

Née en 1936 à Sorel, l’actrice Denise Brosseau a notamment vécu à Paris et à Mexico, partageant quelques années de sa vie avec le cinéaste Alejandro Jodorowsky. Elle a également entretenu une correspondance amoureuse avec Gaston Miron. Souffrant de maladie mentale et d’alcoolisme, elle s’est donné la mort à Montréal en 1986.

« C’est bizarre de gagner un prix avec un livre qui parle d’une femme qui a vécu une vie difficile, avec un drame à la fin, a confié Élise Turcotte. Mais en même temps, je me dis qu’elle doit être contente si elle me voit. Je ne crois pas à la vie après la mort, mais dans un monde métaphorique, disons, c’est comme si maintenant, elle était ma bonne étoile. Ça continue à la faire vivre, dans un sens. »

Le jury, présidé par la poète et romancière Carole David, a salué la « grande liberté d’écriture » avec laquelle l’autrice, à travers une enquête non résolue, ravive la mémoire d’une femme « dont la vie ne doit pas être oubliée ». « L’histoire intime et familiale croise l’histoire culturelle et intellectuelle des années 60, 70 et 80. C’est une exploration de soi habilement tournée vers l’autre, dans une écriture fluide et envoûtante », a déclaré Carole David.

Élise Turcotte a signé près d’une trentaine de livres au cours des dernières décennies, cumulant les récompenses. Cet automne, elle a reçu le prestigieux prix Athanase-David, qui récompense la contribution remarquable d’un écrivain à la littérature québécoise et l’ensemble de son œuvre. Autoportrait d’une autre était également en lice pour le Prix littéraire Janette-Bertrand, remis fin novembre, ainsi que pour le Prix des libraires du Québec au printemps dernier.

En plus du prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec qui lui a été remis pour L’apparition du chevreuil (en 2019), Élise Turcotte a remporté à deux reprises le Prix littéraire du Gouverneur général, pour son roman La maison étrangère (en 2002) et pour son recueil de poèmes jeunesse Rose : derrière le rideau de la folie (en 2009). Elle a également reçu deux fois en début de carrière le prix Émile-Nelligan, attribué à un poète de moins de 35 ans, pour La voix de Carla et pour La terre est ici.

Les quatre autres titres finalistes au Grand Prix du livre de Montréal cette année étaient Mood Swings de Frankie Barnet (McClelland & Stewart), Wollstonecraft de Sarah Berthiaume (Éditions de Ta Mère), Roman sans rien d’Antoine Charbonneau-Demers (VLB) et Le compte est bon de Louis-Daniel Godin (La Peuplade).

L’autrice recevra une bourse de 15 000 $ de la Ville de Montréal, tandis que les finalistes recevront une bourse de 1000 $.



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