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«La simulation»: la face cachée de la conscience

 

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Et si nous vivions dans une simulation, une réalité virtuelle ? C’est un mythe au moins aussi vieux que Platon et son allégorie de la caverne, qui traverse la philosophie bouddiste et l’idéalisme transcendental kantien, repris plus tard par l’écrivain Philip K. Dick, ainsi que par les sœurs Wachowski dans le film The Matrix.

Un monde fabriqué de toutes pièces, indiscernable de la réalité — à moins d’un glitch dans la « matrice ».

En découvrant, dans un article du New Yorker paru en 2016, que deux milliardaires de la Silicon Valley auraient financé une équipe de scientifiques afin de prouver que nous vivons dans une simulation informatique, le journaliste français Loïc Hecht a entrepris d’en savoir davantage. Qui sont ces mystérieux commanditaires ? Comment pourrait-on s’y prendre pour prouver leur théorie ?

En résulte une enquête fascinante, qui a mené l’auteur de La simulation de San Francisco jusqu’aux contreforts de l’Himalaya, à Dharamsala, en passant par Montréal, sur les traces de quelques gros noms de la physique quantique, des neurosciences et de l’intelligence artificielle. Une idée folle qui nous amène à remettre en question le concept de réalité.

En menant cette longue enquête, Loïc Hecht va ouvrir peu à peu ses chakras. Qu’est-ce que la réalité ? À quoi rime la conscience ? « On comprend très mal ce qui se cache derrière ce mot, alors même qu’il est la pierre angulaire de notre expérience d’être humain. » On découvre avec lui l’opposition entre matérialistes, qui forment la majorité des neuroscientifiques et des ingénieurs de la Silicon Valley, et postmatérialistes, qui estiment que la conscience ne se limite peut-être pas à notre modèle biologique.

Évoquant de nombreuses hypothèses, des travaux du philosophe et futurologue suédois Nick Bostrom à la noosphère de Pierre Teilhard de Chardin, Loïc Hecht, happé par son sujet, retourne toutes les pierres. Il a ainsi participé à des séminaires ainsi qu’à plusieurs rencontres pas piquées des vers avec le physicien nucléaire Tom Campbell, « drôle d’oiseau », mi-scientifique, mi-gourou, qui estime, avec son « système de conscience élargi », que « la conscience est le tissu même de la réalité, son élément de base ».

Physique quantique, expérience de mort imminente et extra-corporelle, neurosciences, intelligence artificielle ; l’auteur vulgarise son sujet, mais n’hésite pas non plus à suivre ses protagonistes du côté de la parapsychologie : télépathie, clairvoyance, sortie du corps et « vision à distance » — comme le programme militaire Stargate mis en place par la CIA dans les années 1970.

Un voyage qui va même le mener dans le parc du Mont-Royal, au seuil du Laboratoire de fibres optiques de l’École polytechnique de Montréal, où le patron d’un studio de jeux de réalité virtuelle montréalais tente de réaliser certaines des expériences créées par Tom Campbell afin de confirmer « la possibilité d’une conscience opérant hors du cadre sensoriel ».

Et ce qui aurait pu être une entreprise un peu gonzo, ballottée entre le spectaculaire et le paranormal, se fissure et se mue progressivement, pour Loïc Hecht, en quête plus personnelle. Une quête toujours nourrie, il est vrai, de scepticisme, mais dans laquelle vont peu à peu converger science et spiritualité.

D’une certaine façon, Loïc Hecht nous fait ici le récit d’un échec : il n’arrivera pas à valider le point de départ de son livre. Mais l’auteur de La simulation recueille en cours de route d’autres interrogations, tout aussi vertigineuses. Une invitation à approfondir notre vision du monde.

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Titre: La simulation

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