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Lorsque Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini se font face sur un terrain aussi bien arpenté, on ne peut qu’applaudir
« J’ai l’impression que la politique, ça me rend bête » – Alice
Lui est maire, à Lyon, mais n’a plus aucune idée neuve en tête. En panne sèche. Elle est philosophe, jeune, diplômée d’Oxford, et le dialogue qui va se nouer entre eux aura des résultats inespérés.
Un film original et intelligent
Le politique et la philosophie, l’expérience et la jeunesse, le concret et les idées, le masculin et le féminin :autour de cette trame a priori mince et surprenante, c’est tout un réseau d’oppositions et de complémentarités qu’Alice et le maire explore avec tonus et intelligence.
Après Le grand jeu, qui nageait plus ouvertement dans les eaux du thriller, Nicolas Parisier retrouve donc l’arène politique, mais cette fois sous influence beaucoup plus humaine. Car c’est autant avec un grand sens du naturalisme qu’en concentrant son attention sur ces deux personnages que le film dresse un portrait chargé à l’ironie du petit monde municipal, non loin de la maison des fous d’Astérix!
La politique positive
Normes et procédures respectées jusqu’à l’absurde, postes supprimés et recréés à la va-comme-je-te-pousse, langage administratif proche du charabia : on comprend la lassitude du maire. On la ressent, même. Mais plutôt que de charger la mule,
Alice et le maire opte pour la voie d’un film de solutions, charmant et érudit, dans lequel chaque discussion enclenche chez celui ou celle qui regarde une stimulation formidable.
Qu’est-ce que la politique? Comment préserver son idéalisme? Peut-on être progressiste? L’intellectuel empêche-t-il un rapport concret au monde? Qu’est-ce que le progrès? Comment réagir aux changements climatiques? Les questions sont vastes, mais abordées d’un point de vue terre-à-terre, concret, dans une mise en scène pimpante qui fait valser les idées et qui empêche le film de stagner dans les limbes, et le guide bien plus vers les contours d’un film engagé, qui a autant de cœur que d’esprit.
Luchini-Demoustier: un couple génial
Savoir marier les deux est déjà en soi une réussite rare. Mais en plus, Alice et le maire a cette jolie idée d’inverser les rôles en chargeant la délicieuse Anaïs Demoustier d’incarner l’intangible, la pensée et l’espoir (habituellement, dans les films politiques, ce sont les hommes qui pensent, et on ne saurait assez remercier ce joli petit film de remettre les pendules à l’heure), et Fabrice Luchini de se charger de l’action, du concret et du palpable.
Brillant sans écraser, fin sans être élitiste, virevoltant sans être étourdissant, mordant sans être cynique : Alice et le maire est tout simplement une très jolie réussite.
La bande-annonce (source : YouTube)






