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Le Salon du livre de la Péninsule ferme la porte aux auteurs indépendants

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Plusieurs auteurs indépendants dénoncent la position du Salon du livre de la Péninsule acadienne, à Shippagan. L’organisme refuse désormais les auteurs auto-édités, par souci de prévenir la présentation d’ouvrages générés par l’intelligence artificielle.

Ils m’ont dit que, parce qu’on était auto-édités, qu’ils pouvaient pas faire confiance au fait qu’on n’utilisait pas l’intelligence artificielle ou qu’on le corrigeait juste par nous-mêmes. Donc, ça aussi, ça m’a dérangée parce que moi, je paye un correcteur, j’ai une illustratrice, j’ai une graphiste, je paye l’imprimerie, exprime Isabelle Cormier, autrice indépendante établie à Moncton.

L'autrice Isabelle Cormier devant ses livres.

Isabelle Cormier au Salon du livre de Dieppe en 2023. (Photo d’archives)

Photo : Isabelle Cormier

Mme Cormier est passionnée par l’écriture depuis toujours. Il y a six ans, elle a commencé à produire ses propres livres dans son temps libre. À plusieurs reprises, elle a présenté ses livres dans des salons au Nouveau-Brunswick.

J’étais enseignante à la maternelle, puis je trouvais que les enfants manquaient un peu de résilience. Donc je me suis mise à chercher pour un produit qui était en français. Je pouvais pas en trouver, donc j’en ai créé un qui est devenu mon premier livre, raconte Isabelle Cormier.

Mais cette année, elle reçoit un refus de la part du Salon du livre de la Péninsule acadienne à Shippagan parce qu’elle publie à son compte et n’est pas rattachée à une maison d’édition.

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Les raisons du refus

À deux mois du salon ou même à trois mois du salon, on a dit : on n’a pas le temps de vraiment prendre une décision réfléchie et de voir l’impact que ça va donner aussi. On n’a jamais dit non, parce qu’on en a déjà eu dans le passé, des auteurs qui étaient autoproduits, auto-publiés, déclare Lisette Cormier-Noël, présidente du conseil d’administration du Salon du livre de la Péninsule acadienne.

Mais les communications entre Isabelle Cormier et le Salon du livre semblent claires. Selon l’échange que Radio-Canada a pu consulter, Stéphane Duguay, le directeur général du Salon du livre de la Péninsule, aurait répondu à l’autrice que la politique du salon n’accepte pas (pour l’instant) les auteurs auto-édités. C’est j’espère une clause qui pourra être changée à l’avenir […] Certains membres ont peur que des auteurs arrivent avec des livres rédigés par l’IA, peut-on lire.

Plusieurs auteurs et autrices auto-édités se joignent à Isabelle Cormier, déçus de la situation.

Cathy Verreault, autrice et éditrice indépendante basée à Fredericton, fait valoir que les salons du livre permettent non seulement de vendre des livres, mais aussi de se faire connaître et d’échanger avec les visiteurs.

Portrait de Cathy Verreault.

Cathy Verreault est autrice et éditrice indépendante basée à Fredericton. (Photo d’archives)

Photo : Jérôme Luc Paulin

On encourage moins le local en faisant ça parce que là, c’est les auteurs qui sont plus populaires qui finissent par se vendre plus, puis ça enlève la chance aux auteurs d’ici qui commencent à se faire connaître puis à exposer c’est quoi leur œuvre, exprime Cathy Verreault.

Les salons du livre c’est essentiel pour les auteurs et autrices.

Une citation de Cathy Verreault, autrice indépendante

Il y a plusieurs auto-éditeurs qui sont ici au Nouveau-Brunswick, puis qui travaillent très, très fort. Puis je pense qu’on devrait juste être reconnus à notre juste valeur, surtout dans notre propre province, dit Isabelle Cormier.

Le Salon du livre de la Péninsule acadienne dit étudier la situation. La 23e édition du salon se tiendra à Shippagan du 8 au 11 octobre.

  • Pauline Abel

Palmarès des livres au Québec