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Des auteurs visiteront des centres jeunesse et des résidences pour aînés

Source : Le Devoir

Des écrivains et d’autres experts de la langue iront bientôt à la rencontre du public dans des résidences pour personnes âgées, des maisons des jeunes et des centres jeunesse. L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a annoncé cette semaine une bonification du financement de son programme Parlez-moi d’une langue, qui lui permet de l’élargir.

« Notre objectif, pour le 30e anniversaire, c’est de faire passer le programme d’un modèle principalement institutionnel à un véritable outil de démocratisation de la culture québécoise en français. On veut faire des rencontres là où elles auront le plus d’incidence sur la vie des gens », indique Hélène Hotton, directrice générale de l’UNEQ.

En place depuis 1997, Parlez-moi d’une langue a permis jusqu’à maintenant à des établissements des secteurs collégial, universitaire et de l’éducation aux adultes d’inviter des artistes pour des activités avec les étudiants. La majorité des honoraires et les frais de transport sont couverts par le programme, soutenu par le ministère de la Langue française. L’an dernier, 347 activités ont eu lieu dans 16 régions administratives du Québec, pour un total de 23 031 étudiants participants, surtout dans des cégeps.

L’organisme veut maintenant atteindre des gens qui sont moins spontanément en contact avec la culture. « Dans les maisons des jeunes et les centres jeunesse, on se disait que rencontrer des créateurs, c’est un outil supplémentaire pour favoriser le raccrochage scolaire. Ça permet aussi d’accéder à la culture en français hors du contexte scolaire et familial, explique Mme Hotton. Pour les aînés, on savait que c’était une occasion formidable de favoriser le maintien des habitudes de lecture. […] Souvent, les gens qui entrent en résidence pour personnes âgées perdent un contact avec toute forme d’institutions culturelles. »

Cette année, environ le quart du budget de 300 000 $ sera réservé à des activités impliquant cette nouvelle clientèle. La proportion doit atteindre environ 50 % lors de l’année 2028-2029. L’UNEQ s’attelle maintenant à faire connaître le programme, ouvert aux demandes dès maintenant, aux responsables de ces milieux de vie.

Mme Hotton veut également faire de la promotion auprès des centres d’éducation aux adultes, dans lesquels une seule rencontre par an a été organisée au cours des trois dernières années. La directrice générale attribue cette participation famélique au manque de notoriété du programme dans cette catégorie d’établissements.

Des ateliers interactifs

L’UNEQ a aussi changé les types de rencontres admissibles. La nouveauté, cette année, c’est que la conférence plus classique est remplacée par des ateliers de création écrite ou orale.

« On veut vraiment que ce soit participatif, ce qui n’était pas particulièrement le cas avant », souligne Mme Hotton.

Elles pourront encore prendre la forme d’une causerie, c’est-à-dire une discussion avec un artiste, par exemple à propos d’une de ses œuvres. Il y a aussi la table ronde, qui est un dialogue entre deux artistes ouvert à la contribution du groupe.

Notons que les invitations ne sont pas réservées aux écrivains. Le premier critère est d’être un « expert de la communication orale ou écrite », ce qui comprend les professions de journaliste, de scénariste, d’auteur-compositeur-interprète, d’humoriste et de comédien.

« Ce sont des gens qui manient la langue avec brio, précise Mme Hotton. Ça démontre que ce n’est pas réservé à un contexte littéraire, bien au contraire. Ça permet des rencontres humaines autour de notre culture et des différentes façons de la célébrer. »

Par le passé, l’UNEQ a vécu diverses difficultés en tentant de faire renouveler rapidement le financement annuel de Parlez-moi d’une langue par le gouvernement du Québec. Après une discussion entre l’organisme et le ministère de la Langue française, il s’inscrit maintenant dans le cadre de son programme pour la valorisation et la vitalité de la langue française, ce qui, selon Mme Hotton, amène de la prévisibilité pour les années à venir.

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