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Dany Laferrière nous raconte qu’en écrivant Tout bouge autour de moi, son livre sur le tremblement de terre à Port-au-Prince, il a découvert ce qu’il appelle la théâtralisation de la mort.
« La théâtralisation de la mort, c’est ça qui fait qu’on a peur de mourir. Parce qu’on meurt seul dans une chambre; on demande aux enfants de ne pas faire trop de bruit. Les gens entrent sur la pointe des pieds avec des mines accablées. Comment voulez-vous qu’on meure en paix dans ces conditions-là? C’est pas possible! Moi, quand je mourrai, je veux que les enfants entrent et fassent du bruit, le bruit de la vie! »
Dany ajoute que lorsque le tremblement de terre de Port-au-Prince est survenu, il n’a pas eu peur, et c’est probablement en raison de son rôle d’écrivain.
« J’étais en train d’écrire, je voulais savoir si c’est vrai que la littérature tient face à la chose. […] J’écrivais pour une raison simple : le narrateur ne meurt jamais dans un livre. Donc, je me suis dit : “Tout le temps que je suis en train d’écrire, je ne mourrai pas.” Et je n’ai pas eu peur aussi parce qu’on n’a pas peur quand on meurt avec tout le monde. »
L’auteur et académicien s’enflamme et revendique une nouvelle approche de la mort.
« Et ça, c’est une chose pour montrer que tout est formaté dans notre vie, et même l’idée de la peur de la mort, c’est quelque chose qu’on nous a inculqué parce qu’on en a fait une théâtralisation désastreuse. Mauvais théâtre! À chier! Il est temps de réapprendre à mourir! »






