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Cette affaire soulève des questions sur les règles entourant l’utilisation de l’IA dans le milieu littéraire.
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Malgré les accusations de recours à l’intelligence artificielle (IA), C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, est actuellement le roman le plus vendu en France. Le livre arrive aussi en tête des ventes dans les librairies indépendantes du Québec. La controverse autour de l’écrivain québécois d’origine haïtienne continue toutefois d’alimenter les réflexions sur l’utilisation de l’IA en littérature.
Loin d’être unanimes
Plusieurs auteurs prônent de faire confiance aux écrivains, alors que certains estiment qu’il faut plutôt détecter et condamner les recours à l’IA. D’autres encore sont plutôt d’avis de l’intégrer dans le processus créatif. Au sein même de l’Académie Goncourt, qui a disqualifié Orélien de la course à son prix littéraire, la question divise. Un des 10 membres s’y est notamment opposé.
« Pour moi, c’est le meilleur roman de la rentrée. Je n’ai rien lu qui vienne à la cheville de ce livre, malgré ses imperfections, ses tics de langage. […] Si c’est vrai, alors il faut vraiment travailler avec les intelligences artificielles. »
PASCAL BRUCKNER
Écrivain et membre de l’Académie Goncourt

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Peut-on vraiment prouver l’utilisation de l’IA?
Après les accusations lancées sur un compte X anonyme contre le roman de Thélyson Orélien, des doutes persistent. Le logiciel de détection Pangram estime que le roman a probablement été écrit avec l’aide de l’IA, dans une proportion de plus de 95 %. Bien que des experts jugent l’outil relativement fiable, ce type de détection n’est pas infaillible. Une question demeure donc : faut-il croire la parole de l’auteur ou celle du détecteur?
Des auteurs ont leur avis :
- « Après avoir pillé tous nos livres pour réussir à savoir écrire, c’est l’intelligence artificielle qui nous accuse maintenant de plagiat. » Stéphane Dompierre, auteur et éditeur chez Québec Amérique
- « La littérature n’est pas juste du langage généré, c’est le rapport entre un corps, une expérience humaine et du langage. Il va falloir définir des règles précises. » David Djaiz, essayiste français
Devoir de transparence

De la recherche de synonymes à la génération complète d’un roman, l’utilisation de l’IA peut être très variée et difficile à détecter. Des dramaturges québécois plaident donc pour un devoir de transparence : toute utilisation de l’outil ou coécriture devrait être signalée au public.
Vers une charte?
Plusieurs déplorent le manque de balises dans le milieu de l’édition, alors que les universités encadrent déjà l’utilisation de l’IA. Pour Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, les éditeurs devraient se doter d’une charte. Certains se tournent aussi vers les entreprises technologiques pour concevoir des outils capables de mieux informer les lecteurs.






